12 décembre 2018

Tout s'explique

Attentat dans le centre-ville de Strasbourg

Que s’est-il passé à Strasbourg ?

Un homme a ouvert le feu hier soir sur des passants dans le centre-ville de Strasbourg où se déroulait un marché de Noël. Il a fait au moins trois morts et 12 blessés, dont six en état d’urgence absolue. Après un échange de tirs avec des militaires, il est monté dans un taxi, dont le chauffeur a constaté qu’il était blessé, et a pris la fuite après avoir échangé des coups de feu avec des policiers. Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, a déclaré aujourd’hui qu’il s’agissait d’un homme de 29 ans, condamné par la justice à 27 reprises pour vol et violences en France, mais aussi en Allemagne et en Suisse. Il a précisé que le suspect, toujours recherché par la police, était « fiché S » et inscrit au FSPRT, un fichier recensant les personnes radicalisées pour des raisons religieuses. Une enquête préliminaire a été ouverte et confiée au parquet antiterroriste.

Qu’est-ce que le plan Vigipirate « urgence attentat » ?

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a décidé hier soir de passer le plan Vigipirate au niveau « urgence attentat ». Cette mesure permet « la mise en place de contrôles renforcés aux frontières » et « sur l’ensemble des marchés de Noël en France » pour « éviter le risque de mimétisme », a-t-il expliqué. Créé en décembre 2016, « c’est le niveau maximal de vigilance de la Nation face à la menace terroriste », explique le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, un service du Premier ministre. Il « peut être mis en place à la suite immédiate d’un attentat ou si un groupe terroriste identifié et non localisé entre en action », précise le site du gouvernement. Son activation doit avoir une durée limitée, contrairement aux deux niveaux inférieurs qui peuvent se prolonger dans le temps.

Où en est la menace terroriste ?

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait annoncé sur BFMTV le 13 novembre que six attentats avaient été déjoués en France depuis le début de l’année. Le Parisien a révélé le mois dernier que quatre hommes avaient été mis en examen pour avoir eu le projet de commettre un attentat le 17 novembre, lors de la première journée de mobilisation nationale des « Gilets jaunes ». Interrogé ce matin sur France Inter, le journaliste Wassim Nasr, spécialiste du djihadisme, a estimé que les défaites militaires du groupe État islamique en Syrie et en Irak n’avaient « aucune incidence sur la capacité de nuisance terroriste » parce que les modes opératoires des attentats ne demandent « pas beaucoup de moyens ». « Ça les empêche d’envoyer des équipes, mais ça n’empêche pas les velléités djihadistes de ceux qui les soutiennent », a-t-il précisé.