17 décembre 2018

Tout s'explique

Un guide d’application pour limiter le réchauffement climatique

À quoi la COP24 a-t-elle abouti ?

Ouverte le 2 décembre à Katowice, en Pologne, la COP24 (24e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) s’est achevée samedi, après l’approbation d’un guide d’application de l’accord de Paris. L’Union européenne et les 196 pays ayant approuvé cet accord négocié en 2015, le premier engagement universel sur le climat, se sont entendus sur la façon de le mettre en œuvre d’ici 2020, comme prévu. Son objectif est de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Le guide d’application définit le cadre permettant de s’assurer que chaque pays communique et détaille ses avancées en matière d’engagements climatiques. L’accord de Paris et ce guide d’application ne sont pas contraignants, car il n’y a pas de sanction prévue en cas de non-respect des objectifs de chaque État, mais les pays sont responsables les uns devant les autres.

Sur quoi les négociations ont-elles achoppé ?

Fanny Petitbon, experte climat de l’ONG Care France a regretté que la version finale du texte ne précise plus que le respect des droits de l’homme devait guider l’action en faveur du climat. Elle a également déploré que la question des « pertes et dommages », c’est-à-dire la réparation des dégâts irréversibles causés par les dérèglements climatiques, ne soit pas davantage prise en compte. Les négociations n’ont pas permis non plus d’intégrer les recommandations d’un rapport publié début octobre par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), mis en place par l’ONU, notamment la nécessité de contenir le réchauffement climatique à 1,5 °C et de réduire d’ici 2030 les émissions mondiales de CO2 de 45 % par rapport à 2010. Le Brésil a également obtenu le report à l’an prochain des négociations sur le fonctionnement d’un marché d’échange d’émissions de CO2 entre pays.

Quels engagements ont déjà été pris pour respecter l’accord de Paris ?

Réunis au sein de la High Ambition Coalition, 25 pays, ainsi que l’Union européenne, ont annoncé mercredi qu’ils reverraient avant 2020 leurs objectifs à la hausse en matière de réduction des émissions carbone. La France fait partie des signataires. En 2015, le pays s’était engagé à réduire ses émissions de CO2 de 40 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, mais celles-ci ont progressé en 2016 et 2017, selon le ministère de la Transition écologique. Selon une étude publiée fin octobre par la plateforme Climate Watch et un institut de recherche sur le changement climatique de la London School of Economics, 157 des 197 parties à l’accord (les pays et l’Union européenne) avaient fixé des objectifs de réduction de leurs émissions carbone, mais seulement 58 l’avaient fait dans le cadre d’une loi ou de mesures nationales et, parmi eux, seules 17 avaient fixé des règles cohérentes par rapport à leurs engagements.