19 décembre 2018

Tout s'explique

Le Premier ministre belge démissionne

Pourquoi le Premier ministre belge a-t-il démissionné ?

Le Premier ministre belge, Charles Michel, a présenté hier soir sa démission au roi des Belges, Philippe. Le souverain a fait savoir qu’il tenait sa décision « en suspens ». Charles Michel dirigeait une coalition devenue minoritaire à la Chambre des représentants après le retrait il y a 10 jours du parti N-VA, qui s’est opposé à la signature par la Belgique du Pacte mondial sur les migrations de l’ONU qui a eu lieu ce soir. Le chef du gouvernement, issu d’un parti libéral et de centre droit, a appelé hier l’opposition à former une « coalition de bonne volonté », promettant des mesures en faveur du pouvoir d’achat, de la sécurité et du climat pour que les parlementaires soutiennent sa politique et votent le budget pour 2019. Les socialistes francophones et flamands ont déposé une motion de « méfiance », soutenue par les écologistes. Si elle avait recueilli plus de la moitié des votes des députés, elle aurait renversé le gouvernement. Charles Michel a préféré démissionner avant.

Comment la Belgique était-elle gouvernée depuis 2014 ?

Charles Michel était le Premier ministre de la Belgique depuis octobre 2014. Il était parvenu à ce poste à l’issue d’un accord entre son parti, le Mouvement réformateur, troisième force politique de la Chambre des représentants avec 20 sièges sur 150 à l’issue des élections législatives de mai 2014, et trois partis flamands : les libéraux de l’Open VLD, les chrétiens-démocrates du CD&V et les nationalistes de la N-VA. Ces derniers, vainqueurs de l’élection avec 33 sièges, avaient accepté de renoncer temporairement à réclamer l’indépendance de la Flandre pour entrer au gouvernement, où ils ont obtenu plusieurs postes clés comme les ministères de l’Intérieur, des Finances ou de la Défense. La coalition gouvernementale s’était notamment fixé comme objectifs de relever l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans d’ici 2030 et de réduire les dépenses de l’État.

Quels sont les différents scénarios possibles ?

En cas de démission du gouvernement fédéral, le roi a la possibilité de dissoudre la Chambre des représentants, si les députés expriment leur accord à la majorité absolue. Cela entraînerait alors l’organisation d’élections anticipées. Les représentants de plusieurs partis comme le Mouvement réformateur et le Parti socialiste ont déclaré aujourd’hui leur opposition à des élections anticipées. Le ministre des Classes moyennes, Denis Ducarme, a dit craindre qu’elles ne se transforment en « référendum grandeur nature » sur la migration. Une autre solution consiste à garder un gouvernement d’« affaires courantes », l’exécutif sortant restant en place jusqu’aux prochaines élections législatives, le 26 mai, et se contentant de gérer les dossiers quotidiens. Par son système électoral favorisant l’éclatement des voix entre les partis, la Belgique a souvent été confrontée à ce cas de figure. En 2010-2011, il avait même duré 541 jours, n’empêchant toutefois pas le gouvernement de proposer au Parlement l’engagement de troupes en Libye.