20 décembre 2018

Tout s'explique

Donald Trump annonce le retrait des troupes américaines de Syrie

Qu’a décidé le président américain ?

Le président américain, Donald Trump, a annoncé hier le retrait de l’ensemble des troupes américaines stationnées en Syrie. Cette déclaration a pris la forme de plusieurs tweets. Il a notamment écrit que les États-Unis avaient « vaincu » le groupe État islamique (EI) en Syrie, ajoutant qu’il s’agissait de la « seule raison » d’avoir des troupes dans ce pays. Le compte Twitter de la Maison-Blanche a ensuite assuré que le retrait des troupes avait déjà commencé. Le président russe, Vladimir Poutine, a salué ce matin la décision de Donald Trump, l’estimant « juste ». La France et le Royaume-Uni ont tous deux réagi en soulignant que l’EI était effectivement affaibli, mais qu’il n’était pas vaincu.

Cette annonce est-elle un revirement ?

Donald Trump n’a jamais caché son intention de retirer les troupes américaines de Syrie. Le 29 mars, il avait déjà annoncé un retrait imminent. Le 15 avril, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, avait confirmé que l’exécutif souhaitait faire rentrer les forces américaines « dès que possible ». Cette décision se heurte cependant à des oppositions au sein du pouvoir américain. Ces dernières semaines, plusieurs représentants des États-Unis ont affirmé que leur pays était durablement engagé en Syrie, comme l’a encore déclaré lundi l’envoyé spécial des États-Unis en Syrie, James Jeffrey. Le sénateur républicain américain Ben Sasse, membre du Comité des forces armées, a réagi hier en affirmant que « les généraux du président n’ont aucune idée de l’origine de cette décision peu convaincante ».

Quel était le niveau d’engagement des États-Unis en Syrie ?

Les États-Unis dirigent la coalition arabo-occidentale qui intervient en Syrie depuis l’été 2014. À l’heure actuelle, le département américain de la Défense dénombre environ 2 000 soldats en Syrie, essentiellement dans le territoire contrôlé par les Kurdes dans le nord du pays. La semaine passée, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé son intention d’ordonner une opération militaire « à l’est de l’Euphrate » contre les milices kurdes des YPG, que le pouvoir turc considère comme terroristes. Il a assuré lundi avoir reçu l’aval de Donald Trump, bien que les YPG aient jusqu’ici été soutenues par les États-Unis qui reconnaissent leur rôle dans la lutte contre le groupe État islamique. La ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a assuré aujourd’hui que la France, qui participe à la coalition arabo-occidentale, resterait militairement engagée en Syrie.