26 décembre 2018

Tout s'explique

Élections anticipées en Israël

Pourquoi des élections anticipées ont-elles été décidées en Israël ?

Les chefs des partis de la coalition au pouvoir en Israël ont décidé lundi à l’unanimité de dissoudre le Parlement (Knesset) et d’organiser des élections anticipées début avril au lieu de novembre. Cette décision a officiellement été prise en raison de l’incapacité de la coalition à se mettre d’accord sur un projet de loi relatif à la conscription des ultraorthodoxes. En novembre, Avigdor Lieberman a démissionné de son poste de ministre de la Défense, qualifiant de « capitulation » la décision du Premier ministre, Benjamin Netanyahou, de conclure un cessez-le-feu avec le mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza. Avec la défection des cinq députés de son mouvement, la coalition gouvernementale ne dispose plus que d’une majorité d’une seule voix au Parlement (sur 120 députés).

Quels soupçons de corruption pèsent sur Benjamin Netanyahou ?

Début décembre, la police a préconisé l’inculpation de Benjamin Netanyahou et de sa femme dans une affaire de corruption. Le Premier ministre est soupçonné d’avoir favorisé le dirigeant du groupe de télécommunications Bezeq, en échange d’une couverture favorable par le site d’information Walla, propriété du groupe. La police avait déjà recommandé en début d’année son inculpation dans deux autres affaires de corruption. Le procureur général doit annoncer sa décision dans les prochains mois. « Désormais, M. Netanyahou veut aller vite pour se faire réélire avant la décision finale du procureur général », analyse Reuven Hazan, professeur en sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem. Dans un éditorial publié aujourd’hui, le quotidien Haaretz, opposé à la politique de Benjamin Netanyahou, demande au procureur de se prononcer avant l’élection.

Pourquoi les partis s’opposent-ils sur la conscription des ultraorthodoxes ?

Les jeunes Israéliens sont astreints à un service militaire d’une durée minimale de deux ans pour les femmes et de deux ans et huit mois pour les hommes. Cependant, la majorité des étudiants en yeshiva (séminaires talmudiques) bénéficient d’une exemption. En septembre 2017, la Cour suprême israélienne a rejeté la législation en vigueur, au nom du principe d’égalité, et a exigé que le gouvernement présente un nouveau texte. Approuvé en juillet 2018 par le gouvernement, un projet de loi prévoit d’obliger les yeshivas à envoyer une partie de leurs élèves au service militaire et de sanctionner financièrement celles qui ne le feraient pas. Cependant, deux partis religieux membres de la coalition de Benjamin Netanyahou s’y opposent, bloquant son vote à la Knesset. Après plusieurs reports, la Cour suprême a ordonné l’adoption du nouveau texte avant le 15 janvier.