3 janvier 2019

Tout s'explique

La Chine atteint la face cachée de la Lune

Qu’a accompli la Chine sur la Lune ?

La Chine est parvenue à déposer cette nuit sur la face cachée de la Lune, invisible depuis la Terre, une sonde spatiale, Chang’e-4, qui avait quitté la Terre le 7 décembre. Il s’agit de la deuxième mission chinoise à toucher la Lune, après Chang’e-3 en 2013, mais c’est la première fois qu’un engin spatial est déposé sur cette face. Jusqu’ici, celle-ci avait seulement été observée par des satellites, la première fois par une mission soviétique en 1959. La sonde Chang’e-4 était équipée d’un atterrisseur et d’un rover, un véhicule disposant d’une certaine autonomie. Ceux-ci sont dotés de plusieurs instruments de mesure, de caméras et de détecteurs. Selon l’Agence spatiale nationale chinoise, ils permettront de récolter des données sur la topographie et la composition minérale de la face cachée de la Lune, ainsi que d’étudier des ondes.

Pourquoi est-il si compliqué d’accéder à la face cachée de la Lune ?

La Lune dispose d’une face cachée de la Terre, car la rotation de ce satellite naturel de notre planète, qui tourne sur lui-même comme elle, s’est progressivement calée sur celle de la Terre au bout d’une longue période d’influence réciproque. Les communications depuis la Terre sont plus difficiles à établir avec la face cachée de la Lune, la masse lunaire faisant écran. Pour pallier cela, la Chine a mis en orbite l’an dernier un satellite autour de la Lune, lui permettant de recueillir les données des engins qu’elle a réussi à faire alunir et de les transmettre. La topographie de la face cachée de la Lune représentait une autre difficulté, car son relief est plus rugueux et elle possède des cratères plus profonds, tandis que l’autre face comporte des surfaces planes.

Quelles sont les ambitions de la Chine dans la conquête de l’espace ?

La conquête spatiale a longtemps été dominée par les États-Unis et l’URSS (puis la Russie), avant que la Chine ne cherche à s’imposer dans ce domaine. Le pays a lancé son premier vol spatial habité en 2003. Depuis, il a mis en orbite en 2011 un premier module de station spatiale, qui n’est plus actif depuis 2016. Pékin prévoit de continuer à lancer d’autres sondes Chang’e. La cinquième doit être envoyée l’an prochain et prélever des échantillons de minerais lunaires pour les rapporter sur la Terre. La Chine souhaite mettre en orbite une nouvelle station spatiale d’ici 2022, deux ans avant la fin programmée de la Station spatiale internationale. Fin 2016, l’Agence spatiale nationale chinoise a déclaré vouloir lancer une première sonde vers Mars d’ici 2020. Elle a également annoncé l’an dernier vouloir construire une base lunaire d’ici 2030 qui pourrait accueillir des humains.