7 janvier 2019

Tout s'explique

Les premières mesures du président brésilien

Pourquoi le gouvernement brésilien a-t-il envoyé des troupes dans le nord-est du pays ?

Le gouvernement du président brésilien Jair Bolsonaro, entré en fonction le 1er janvier, a envoyé samedi des troupes dans l’État du Ceara, dans la région du Nordeste. Près de 330 soldats ont été déployés pour au moins 30 jours afin de répondre à des dégradations et des incendies volontaires contre des bâtiments et des véhicules publics et privés qui se sont multipliés depuis le milieu de la semaine dernière. Le ministère de la Justice a déclaré aujourd’hui que les attaques avaient diminué grâce à cette intervention, passant de 45 jeudi à 23 dimanche. Jair Bolsonaro avait promis, lors de son discours d’investiture mardi, de « libérer définitivement » le Brésil du « joug de la criminalité ». Son programme prévoit de réinstaurer le port d’armes pour les civils afin de garantir leur « légitime défense », alors que le nombre de victimes d’homicides a augmenté ces dernières années dans le pays (voir notre graphique), selon l’ONG Forum brésilien de sécurité publique

Quelles premières mesures a-t-il prises sur le plan environnemental ?

Jair Bolsonaro a signé mardi un décret confiant la gestion des terres indigènes au ministère de l’Agriculture, jusqu’ici administrées par la Fondation nationale de l’Indien, un organisme gouvernemental chargé de définir la politique relative aux peuples indigènes du pays. La nouvelle ministre de l’Agriculture, Tereza Cristina, est une ancienne agronome et secrétaire chargée du développement agraire, de la production et de l’industrie au sein du gouvernement de l’État du Mato Grosso do Sul, au sud-ouest du pays. La Confédération nationale de l’agriculture s’est réjouie en novembre, lors de l’annonce de sa nomination, affirmant que Tereza Cristina travaillerait dans l’intérêt du secteur de l’industrie agroalimentaire. Lors de sa campagne électorale, Jair Bolsonaro a menacé d’abandonner l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015, avant de se raviser à condition que « la souveraineté du Brésil sur l’Amazonie soit pleinement respectée ».

Que prévoit-il en matière de diplomatie ?

Jair Bolsonaro a confirmé jeudi à la télévision qu’il comptait transférer à Jérusalem l’ambassade brésilienne en Israël, comme l’ont fait les États-Unis en mai. Présent à son investiture, Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères), a déclaré que le Brésil et les États-Unis allaient entretenir une « relation transformée ». Jair Bolsonaro s’est dit prêt à discuter de l’implantation d’une base militaire américaine au Brésil en se disant préoccupé par la coopération militaire entre le Venezuela et la Russie. Celso Amorim, ministre des Affaires étrangères brésilien de 2003 à 2010, pendant la présidence de Lula, a déclaré à France Inter que selon le conseil de sécurité de l’Union des États sud-américains, un organisme intergouvernemental dont le Brésil est membre, « aucun pays ne peut avoir une base de n’importe quel autre pays chez lui » afin d’éviter d’importer « des conflits qui ne sont pas les nôtres ».