11 janvier 2019

Tout s'explique

La province syrienne d’Idleb sous le contrôle des djihadistes

Qui contrôle la province d’Idleb en Syrie ?

Le groupe Hayat Tahrir al-Cham, issu du regroupement en 2017 de plusieurs factions islamistes, dont l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, a pris hier le contrôle de la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie. Depuis 2015, cette région était sous la domination de divers opposants au président Bachar el-Assad, certains étant adeptes du djihad et d’autres plus modérés (voir une carte de la situation au 19 décembre 2018). Les djihadistes l’ont désormais emporté, poussant à un cessez-le-feu les milices membres du Front national de libération, une coalition soutenue par la Turquie, qu’ils combattaient. Les affrontements, qui duraient depuis une dizaine de jours, ont fait plus de 130 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation basée au Royaume-Uni proche de l’opposition et disposant d’un réseau d’informateurs sur le terrain. Ces derniers jours, le groupe Hayat Tahrir al-Cham a également étendu son influence sur des territoires situés près des villes d’Alep et de Hama.

Que prévoyait l’accord signé par la Turquie et la Russie en septembre ?

L’armée syrienne tente depuis 2015 de reconquérir la province d’Idleb. Le 17 septembre dernier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son homologue russe, Vladimir Poutine, ont signé un accord pour créer une zone démilitarisée entre le territoire de la province d’Idleb détenu par les rebelles et celui contrôlé par le régime syrien, soutenu par la Russie. L’accord impliquait que la Russie ne mènerait pas d’intervention contre les rebelles syriens et prévoyait en contrepartie le retrait des combattants djihadistes de la zone. La Turquie comptait y parvenir en s’appuyant sur les combattants du Front national de libération, mais ceux-ci ont été vaincus hier par les djihadistes. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a affirmé aujourd’hui que la Russie souhaitait toujours établir une zone de « désescalade » dans la province d’Idleb.

Où en est le retrait américain de Syrie ?

Le porte-parole de la coalition internationale antidjihadiste dirigée par les États-Unis, Sean Ryan, a annoncé aujourd’hui que l’armée américaine avait « commencé le processus de retrait » de Syrie. Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé le 19 décembre le retrait des 2 000 soldats américains présents dans le pays pour combattre les djihadistes, essentiellement dans le nord du pays, sur le territoire contrôlé par les Kurdes. Dimanche, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, avait déclaré que le retrait des troupes américaines ne se ferait pas sans tenir compte des Kurdes, sur lesquelles s’était appuyée la coalition pour affronter le groupe État islamique. En visite à la frontière turco-syrienne, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a déclaré aujourd’hui que les préparatifs de son pays pour une possible intervention contre les milices kurdes, que la Turquie qualifie de terroristes, continuaient « intensément ».