16 janvier 2019

Tout s'explique

L’accord sur le Brexit largement rejeté

Quelles sont les conséquences immédiates du vote sur l’accord du Brexit ?

Les élus de la Chambre des communes britannique ont rejeté hier soir par 432 voix contre 202 le projet d’accord de sortie de l’Union européenne que leur avait soumis le gouvernement. 118 membres du Parti conservateur de la Première ministre, Theresa May, ont voté contre le texte, qui prévoit une période de transition de 21 mois pendant laquelle le Royaume-Uni resterait dans l’Union douanière et l’Irlande du Nord dans le Marché unique pour le commerce de marchandises. Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a présenté hier soir une motion de censure contre le gouvernement. Le vote est prévu ce soir. Les 10 élus du DUP, le parti nord-irlandais avec lequel les conservateurs ont formé une alliance, ont voté contre l’accord sur le Brexit, mais un porte-parole du parti a annoncé qu’ils voteraient la confiance à la Première ministre.

Quelles sont les prochaines étapes pour le Brexit ?

En application d’un amendement voté la semaine dernière par les députés, Theresa May a jusqu’à lundi pour présenter un projet alternatif d’accord de sortie de l’Union européenne. Dans un communiqué publié hier soir, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exhorté le Royaume-Uni à « clarifier ses intentions le plus vite possible ». Les députés conservateurs sont divisés essentiellement entre une sortie de l’UE sans accord et un maintien du Royaume-Uni dans l’Union douanière après la période de transition. Les députés travaillistes sont divisés entre la convocation d’un nouveau référendum et une réouverture des négociations avec l’UE. La ministre française chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a déclaré ce matin sur France Inter qu’il était « juridiquement et techniquement possible » de reporter la date du Brexit, prévu le 29 mars, si les Britanniques en faisaient la demande à l’Union européenne.

Quelles seraient les conséquences d’une sortie de l’UE sans accord ?

Le négociateur en chef de la Commission européenne pour le Brexit, Michel Barnier, a déclaré aujourd’hui que le risque d’une sortie de l’UE sans accord n’avait jamais « paru aussi élevé ». Ce scénario signifierait qu’une frontière serait rétablie, sans période de transition, entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, avec des droits de douane sur les marchandises. Dans une étude publiée en novembre, la Banque d’Angleterre a estimé qu’un tel cas de figure conduirait à une réduction du PIB britannique comprise entre 3 % et 8 % en un an et à une forte augmentation du taux de chômage. La Commission européenne a présenté le 19 décembre un plan d’action pour faire face à l’éventualité d’un départ du Royaume-Uni sans accord en soulignant que cela créerait des « perturbations majeures » pour les citoyens et les entreprises. Le retour de formalités douanières ralentirait l’approvisionnement du Royaume-Uni, qui importait 30 % de sa nourriture depuis l’Union européenne en 2016, selon un rapport gouvernemental britannique.