22 janvier 2019

Tout s'explique

Un nouveau traité entre la France et l’Allemagne

Pourquoi la France et l’Allemagne ont-elles signé un nouveau traité de coopération ?

Le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont signé aujourd’hui à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, un traité « sur la coopération et l’intégration franco-allemandes », qui devra être ratifié par les parlements des deux pays. Emmanuel Macron avait annoncé vouloir signer un tel traité avec l’Allemagne lors d’un discours donné en septembre 2017 à la Sorbonne, à Paris, dans lequel il présentait ses idées pour réformer l’Union européenne. Il souhaitait à l’origine qu’un tel traité soit signé le 22 janvier 2018, pour le 55e anniversaire du traité de l’Élysée, texte fondateur de la réconciliation et des relations franco-allemandes signé entre le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer en 1963. À travers la signature de ce nouveau traité, Emmanuel Macron entendait compléter le traité de l’Élysée, nouer un « partenariat nouveau » avec l’Allemagne et préparer les deux pays aux « défis auxquels ils sont confrontés au XXIe siècle », selon l’Élysée.

Que prévoit-il ?

Avec ce nouveau traité (voir le texte), les deux pays renforcent leur coopération en matière de défense et de sécurité en instituant la création d’un conseil qui pilotera le déploiement de missions communes à leurs forces armées. Le texte prévoit de « resserrer les liens entre les citoyens et les entreprises de part et d’autre de la frontière ». Cela passera notamment par des mesures en faveur de la mobilité, comme des programmes dédiés aux jeunes ou l’amélioration des liaisons ferroviaires transfrontalières. Un « comité de coopération transfrontalière » sera également mis en place avec des représentants des deux États, des collectivités et des Parlements. Les deux pays comptent aussi mettre en place des « projets communs » dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique et cherchent à créer une zone économique dotée de règles communes.

Quels reproches lui sont adressés ?

« Ce traité est une occasion manquée, a expliqué au Monde la députée allemande Franziska Brantner, qui faisait partie des 18 députés des deux pays chargés de réfléchir à ce texte. Il ne reste quasiment rien sur le social et l’environnement, alors qu’il y avait des majorités parlementaires pour cela. » D’autres, comme Marine Le Pen, estiment que le texte menace la souveraineté de la France. La présidente du Rassemblement national craint ainsi la « mise sous tutelle d’une part de l’Alsace » et le partage du siège de la France au Conseil de sécurité de l’ONU. Or le traité ne mentionne aucune gestion allemande de l’Alsace et, au sujet de l’ONU, le texte prévoit uniquement de « mener à terme des négociations » visant à ce que l’Allemagne ait un jour un siège permanent au Conseil de sécurité, au même titre que la France.