23 janvier 2019

Tout s'explique

Troubles politiques au Venezuela

Quels troubles le Venezuela a-t-il connus ces derniers jours ?

La répression de plusieurs manifestations a fait au moins quatre morts hier et cette nuit au Venezuela, un pays marqué depuis plusieurs années par une grave crise économique. Des rassemblements avaient été organisés en soutien à 27 militaires arrêtés lundi quelques heures après une tentative d’insurrection. Ils avaient pris le contrôle d’une caserne du nord de Caracas, la capitale, et diffusé des vidéos dans lesquelles ils désavouaient le président, Nicolas Maduro, investi le 10 janvier pour un deuxième mandat, et appelaient le peuple à descendre dans les rues pour les soutenir. Ces événements ont eu lieu avant la grande journée de manifestation prévue aujourd’hui dans le pays à l’appel du Parlement du Venezuela, une institution contrôlée par l’opposition. Les partisans de Nicolas Maduro ont également appelé à des rassemblements en sa faveur.

Quel est le pouvoir du Parlement vénézuélien ?

Le Parlement s’est déclaré seul pouvoir légitime le 5 janvier et a annoncé qu’il allait former un « gouvernement de transition » avant d’organiser de nouvelles élections. La MUD, la principale coalition d’opposition, avait boycotté le dernier scrutin présidentiel en mai, par crainte d’une manipulation des résultats. Le Parlement n’a en réalité plus de pouvoir. Sa décision n’a pas empêché Nicolas Maduro de prêter serment pour un deuxième mandat devant le Tribunal suprême de justice (TSJ), la plus haute instance judiciaire du pays, même si la Constitution prévoit que cette investiture ait lieu devant le Parlement. Le TSJ a invalidé toutes les décisions prises par le Parlement depuis que celui-ci est passé sous le contrôle de l’opposition fin 2015. L’Assemblée nationale constituante, entrée en fonction en août 2017 et acquise au président vénézuélien, s’est immédiatement arrogée le pouvoir législatif au détriment du Parlement.

Par qui Nicolas Maduro est-il encore soutenu ?

Plusieurs États d’Amérique du Sud se sont rassemblés en 2017 avec le Canada au sein du groupe de Lima pour trouver une solution pacifique à la crise politique que connaît le Venezuela. Le 4 janvier, 13 des 14 pays de ce groupe ont annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas le deuxième mandat de Nicolas Maduro. Seul le président de gauche mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador a refusé de se joindre à la déclaration. En déplacement en Chine en septembre, Nicolas Maduro a obtenu un prêt de 5 milliards de dollars, remboursable en pétrole, selon le ministre vénézuélien des Finances. La Chine a prêté environ 70 milliards de dollars au Venezuela depuis 2008, estime le cabinet d’analyse vénézuélien Ecoanalitica. La Chine compte en retour sur le pétrole vénézuélien, qui représente la quasi-totalité des exportations du pays.