30 janvier 2019

Tout s'explique

Le statut de la frontière irlandaise contesté

Qu’ont voté les députés britanniques ?

Les députés britanniques ont voté hier soir par 317 voix contre 301 un amendement demandant la modification du projet d’accord conclu mi-novembre entre le Royaume-Uni et l’Union européenne définissant les conditions du Brexit le 29 mars. L’amendement réclame le remplacement du statut prévu pour la frontière irlandaise par « des dispositions alternatives », sans préciser lesquelles. Le projet d’accord, que les députés britanniques ont rejeté le 15 janvier, vise en particulier à éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord, qui appartient au Royaume-Uni, et la République d’Irlande, membre de l’UE. Il prévoit, jusqu’à la signature d’un accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et ses anciens partenaires européens, que la liberté de circulation des marchandises continue à s’appliquer entre l’UE et l’Irlande du Nord et que ce territoire reste soumis aux normes européennes. Des contrôles seraient alors possibles entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni où ces normes ne s’appliqueront plus.

Comment réagit l’Union européenne ?

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a réagi aujourd’hui au vote des députés britanniques en déclarant que le statut de la frontière irlandaise faisait « partie de l’accord de retrait » et que ce dernier n’était « pas ouvert à la renégociation ». Le président français, Emmanuel Macron, avait tenu des propos similaires hier avant le vote à Londres. La chancelière allemande, Angela Merkel, a réaffirmé la même position aujourd’hui. Emmanuel Macron a appelé le gouvernement britannique à « rapidement présenter » au négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, « les prochaines étapes qui permettront d’éviter une sortie sans accord que personne ne souhaite, mais à laquelle nous devons tous malgré tout nous préparer ».

Pourquoi l’Irlande s’inquiète-t-elle ?

Le gouvernement de la République d’Irlande s’est inquiété des possibles concessions de la part de la Commission européenne après les déclarations de son porte-parole, Margaritis Schinas, qui a estimé la semaine dernière qu’une absence d’accord conduirait au rétablissement d’une « frontière dure » entre les deux Irlande. Celle-ci avait disparu avec l’accord de paix de 1998 qui a mis fin à près de 30 ans d’affrontements meurtriers entre les partisans d’une Irlande unifiée et ceux de l’appartenance de l’Irlande du Nord au Royaume-Uni. Interrogé sur les concessions que son pays serait prêt à faire pour éviter une sortie du Royaume-Uni de l’UE sans accord, le Premier ministre de la République d’Irlande, Leo Varadkar, a estimé vendredi sur la chaîne Bloomberg TV que les Européens avaient déjà « beaucoup donné » aux Britanniques.