5 février 2019

Tout s'explique

Un nouvel accord de paix pour la Centrafrique

Quelle est la conclusion des négociations à Khartoum ?

Les représentants de 14 groupes armés et du gouvernement de République centrafricaine ont paraphé aujourd’hui à Khartoum, au Soudan, un accord de paix sur lequel ils se sont mis d’accord samedi, après 10 jours de négociations organisées par l’Union africaine et l’ONU. Le texte de l’accord n’a pas encore été rendu public, ne permettant pas de savoir quelles solutions ont été trouvées sur la question de la gestion politique du pays, de l’amnistie réclamée par les groupes rebelles ou de leur désarmement. L’accord doit encore être signé à Bangui, la capitale centrafricaine. Il s’agit du huitième accord de paix approuvé depuis 2012 par le gouvernement et des milices centrafricaines. Celles-ci contrôlent la majorité du territoire centrafricain et s’affrontent encore régulièrement. La guerre civile que connaît le pays depuis sept ans a fait plus de 500 000 réfugiés et plus de 600 000 déplacés, selon l’ONU, sur 4,5 millions d’habitants.

Qu’est-ce qui avait déclenché les violences en 2012 ?

La réélection en 2011 du président François Bozizé, qui avait accédé au pouvoir en 2003 après un coup d’État, a déclenché des contestations. Celles-ci ont mené à la réunion fin 2012 au sein de l’alliance « Séléka » de plusieurs mouvements de rébellion du nord du pays, une région historiquement hostile au pouvoir central et à dominante musulmane, alors que le reste du pays est majoritairement chrétien. En mars 2013, la Séléka s’est emparée de la capitale Bangui et a renversé François Bozizé. L’un de ses représentants, Michel Djotodia, s’est autoproclamé président. Il a démissionné début 2014 sous la pression de plusieurs pays africains et un gouvernement de transition a été mis en place avant l’élection en 2016 de l’actuel président, Faustin-Archange Touadéra. Des affrontements perdurent entre d’anciens membres de la Séléka, malgré la dissolution du groupe en septembre 2013, et des groupes d’autodéfense chrétiens, nommés « anti-Balaka » (anti-machette), divisés en plusieurs factions.

Quelles sont les forces étrangères en présence en Centrafrique ?

La France a déployé jusqu’à 2 000 militaires en Centrafrique à partir de fin 2013 dans le cadre de l’opération militaire Sangaris, afin d’aider le pouvoir central à combattre les combattants rebelles de la Séléka. La Centrafrique avait obtenu son indépendance de la France en 1960. Le président français François Hollande a mis fin à l’opération Sangaris en décembre 2016. Des militaires français ont toutefois été maintenus sur place et plus de 200 y sont encore présents, selon l’État-major des Armées françaises, contacté par Brief.me. Ils sont répartis notamment au sein de deux missions étrangères, l’une menée par l’ONU et l’autre par l’UE. La Russie a également obtenu en décembre 2017 l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU pour acheminer des armes en Centrafrique. Des militaires russes chargés d’instruire les Forces armées centrafricaines et des mercenaires russes, employés par des sociétés privées, sont également présents dans le pays.