11 février 2019

Tout s’explique

Offensive finale contre le groupe État islamique en Syrie

Quel est l’objectif de l’offensive lancée contre l’EI en Syrie ?

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par la coalition internationale antidjihadiste dirigée par les États-Unis en Irak et en Syrie, ont annoncé samedi avoir lancé leur offensive « finale » contre le groupe État islamique (EI) en Syrie. Celle-ci est dirigée contre Baghouz, le dernier village contrôlé par le groupe terroriste, situé dans l’est du pays, près de la frontière syro-irakienne. La coalition internationale avait annoncé jeudi que le groupe djihadiste contrôlait moins de 1 % du territoire qu’il avait conquis à son apogée en 2014 et qui couvrait la moitié de la Syrie et le tiers de l’Irak. Le porte-parole des FDS, Mustafa Bali, a précisé sur Twitter que plus de 20 000 civils avaient été mis à l’abri avant le début de l’assaut et il a affirmé hier que 41 positions de l’EI avaient été reprises.

Comment réagit l’EI face à la perte de ses territoires ?

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré la semaine dernière que l’organisation djihadiste s’était « transformée en réseau clandestin » en Irak, où le gouvernement avait affirmé fin 2017 avoir repris le territoire de l’EI. Le groupe y mène désormais des actions de déstabilisation comme des kidnappings, des attentats suicides ou des assassinats ciblés, a-t-il ajouté. Malgré ses défaites militaires, l’organisation terroriste compterait encore entre 14 000 et 18 000 membres en Irak et en Syrie selon l’ONU, dont près de 3 000 étrangers. Donné pour mort à plusieurs reprises, le sort du chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, demeure indéterminé. Un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août. Des responsables du renseignement américain ont confié hier à l’agence de presse Reuters qu’ils estimaient que Abou Bakr al-Baghdadi était toujours en vie et qu’il se cacherait en Irak.

Où en est le retrait des troupes américaines ?

Le retrait des 2 000 soldats américains déployés en Syrie pour combattre les djihadistes, annoncé par Donald Trump le 19 décembre, ne débutera pas avant plusieurs « semaines », a déclaré hier le général américain Joseph Votel, chargé des opérations au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Asie du Sud. Le retrait du matériel installé sur place a déjà débuté. Un rapport publié la semaine dernière par le département américain de la Défense estime que l’EI pourrait « reconquérir des territoires restreints » en six à 12 mois en l’absence d’une lutte antiterroriste « soutenue ». Le gouvernement français a annoncé le 31 janvier vouloir rapatrier les djihadistes français détenus par les Kurdes, craignant que le retrait des troupes américaines les expose à une offensive de la part de la Turquie qui les considère comme des terroristes, permettant aux djihadistes de s’évader.