14 février 2019

Tout s'explique

Airbus annonce la fin de l’A380

Qu’a décidé Airbus ?

Le président exécutif de l’avionneur européen Airbus, Tom Enders, a annoncé ce matin que les livraisons de l’A380, un avion de ligne civil très gros porteur long-courrier, cesseraient en 2021. Cette décision a été prise après que la compagnie aérienne de Dubaï Emirates, principale cliente de l’A380, a informé Airbus qu’elle annulait une commande de 39 appareils et se contenterait des 14 exemplaires qu’elle doit encore recevoir au cours des deux prochaines années. « En conséquence de cette décision, nous n’avons pas de carnet de commandes important d’A380 et n’avons donc aucune base pour maintenir notre production, malgré tous nos efforts de vente avec d’autres compagnies aériennes ces dernières années », a expliqué Tom Enders dans un communiqué. Jeudi dernier, la compagnie aérienne australienne Qantas avait annoncé qu’elle annulait une commande de huit A380.

Comment expliquer l’échec commercial de l’A380 ?

Lancé pour concurrencer le 747, le très gros porteur de l’avionneur américain Boeing, l’A380 a effectué son premier vol commercial en 2007. En 2015, Fabrice Brégier, alors directeur exécutif d’Airbus, avait déclaré que « les gens adorent l’A380 en tant que passagers, mais pas les compagnies ». Ces dernières lui reprochent son prix de vente trop élevé à l’instar de Willie Walsh, PDG du groupe IAG, qui réunit les compagnies British Airways, Iberia ou encore Vueling. Il avait déclaré en mars : « Nous avons dit clairement à Airbus que s’ils veulent vendre des A380, ils doivent être agressifs sur les prix. » L’A380 consomme également beaucoup de carburant. Pour être rentable, il doit emporter dans une même journée, à l’aller et au retour, « au moins 20 % de passagers de plus » que le modèle concurrent chez Boeing, selon Bruno Trévidic, spécialiste du transport aérien au journal Les Échos, alors que « les liaisons long-courriers offrant un tel potentiel de trafic » sont limitées.

Quelle est la situation économique d’Airbus ?

En 2018, Airbus a réalisé un chiffre d’affaires de près de 64 milliards d’euros, en hausse de 8 % par rapport à 2017, et un bénéfice de plus de 3 milliards d’euros, en progression de 29 %. Tom Enders s’est félicité du « niveau record de rentabilité » tout en déclarant que la réduction de la production de l’A380 était prise « en compte en grande partie » dans ces chiffres. Concernant la production à venir, Airbus rappelle que si Emirates a renoncé à une commande de 39 A380, la compagnie a en revanche commandé 70 autres gros porteurs. L’avionneur a déclaré que cette nouvelle commande, ainsi que l’augmentation de la production de l’A320, son avion de ligne moyen-courrier, devrait offrir des « opportunités de mobilité interne » aux 3 000 à 3 500 personnes touchées par la fin annoncée de l’A380. Boeing reste le premier constructeur mondial avec un chiffre d’affaires de près de 90 milliards d’euros en 2018.