20 février 2019

Tout s'explique

Les critiques du Sénat sur l’affaire Benalla

Quelles sont les critiques formulées par le rapport du Sénat ?

La commission des lois du Sénat a rendu aujourd’hui les conclusions de sa mission d’information sur l’exercice du maintien de l’ordre par des personnes non membres des forces de sécurité. Celle-ci avait été ouverte en juillet après la diffusion d’images montrant Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Élysée, et Vincent Crase, employé à la sécurité de La République en marche, interpeller violemment des manifestants le 1er mai. Rédigé par les sénateurs Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS), le rapport reproche à l’Élysée de ne pas avoir « su enrayer les débordements d’un chargé de mission aux fonctions mal définies et aux prérogatives étendues ». Il y voit un « facteur de fragilisation du dispositif de sécurité » du président. Les rapporteurs dénoncent aussi une « rétention d’informations » de la part de l’exécutif. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a déclaré que ce rapport contenait « beaucoup de contre-vérités ».

Quelles propositions formule-t-il ?

Les sénateurs ont formulé 13 propositions pour « améliorer le fonctionnement de l’État » et « prévenir le renouvellement des désordres constatés ». Ils souhaitent ainsi « réaffirmer la compétence exclusive des membres des forces de sécurité intérieure pour assurer la sécurité du chef de l’État ». Ils demandent également une plus grande transparence dans le fonctionnement de l’exécutif, avec la disparition des collaborateurs « officieux » du président de la République et l’obligation de mener une enquête administrative préalable au recrutement de collaborateurs du chef de l’État pour « s’assurer de la compatibilité de leur comportement » avec les missions confiées. Les sénateurs réclament également de « conforter le pouvoir de contrôle du Parlement sur les services de la présidence de la République ».

Quelles accusations visent Alexandre Benalla ?

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été placés hier soir en détention provisoire pour ne pas avoir respecté leur contrôle judiciaire. Il leur est reproché d’avoir communiqué ensemble, comme l’ont révélé des enregistrements publiés fin janvier par Mediapart, alors que cela leur était interdit. Le parquet de Paris a par ailleurs annoncé aujourd’hui avoir ouvert une enquête préliminaire pour des soupçons de « dissimulations de preuves ». Entre juillet et décembre, le parquet de Paris a ouvert trois enquêtes impliquant Alexandre Benalla. Il est notamment soupçonné d’avoir usurpé la fonction de policier, d’avoir obtenu illégalement une vidéo de la police et d’avoir utilisé des passeports diplomatiques auxquels il n’avait plus droit après son licenciement de l’Élysée en août. Le parquet national financier a ouvert le 7 février une enquête pour « corruption » sur un contrat signé en juin entre Vincent Crase et un homme d’affaires russe, Iskander Makhmudov.