21 février 2019

Tout s'explique

Le Vatican tient un sommet mondial sur la pédophilie

En quoi consiste le sommet organisé par le Vatican ?

Le Vatican organise depuis ce matin et jusqu’à dimanche une rencontre « pour la protection des mineurs dans l’Église » face « au fléau des abus sexuels », selon les termes du pape François. Cet événement inédit réunit 190 responsables religieux, dont les 114 présidents des conférences épiscopales, les associations qui regroupent les évêques dans chaque nation. Le pape François a déclaré que cet événement devait permettre d’« écouter le cri des petits qui demandent justice » et trouver les moyens de « faire face à ce mal qui afflige l’Église et l’humanité ». Interrogée par France 24, Christine Pedotti, intellectuelle catholique et directrice du magazine Témoignage chrétien, estime que cette rencontre vise à « dire à tous les responsables de l’Église que le Vatican ne peut plus tolérer ces affaires » et à « montrer à tous que l’Église prend le problème à bras-le-corps ».

Que demandent les victimes ?

Le réseau international Ending Clerical Abuse (ECA, Mettre fin aux abus du clergé), une ONG qui regroupe des associations de victimes d’abus sexuels dans l’Église issues d’une vingtaine de pays, organisera samedi à Rome une marche pour demander au pape François d’inscrire dans la loi universelle de l’Église la « tolérance zéro » à l’égard des agressions sexuelles par le clergé et face à la dissimulation de tels actes par les évêques. Elle réclame la publication d’« un registre mondial du clergé » dans lequel seraient recensés les ecclésiastiques « accusés de manière crédible ». Elle demande que l’Église « fournisse une réparation » à l’ensemble des victimes. Samedi, le Vatican a annoncé le renvoi à l’état civil de Theodore Edgar McCarrick, 88 ans, archevêque de Washington, accusé d’avoir abusé d’un mineur dans les années 1970.

Quelles actions l’Église catholique a-t-elle déjà entreprises ?

Les premiers actes pour lutter contre la pédophilie au sein de l’Église ont été menés au niveau local. En 1987, la conférence épiscopale canadienne a été l’une des premières à émettre des directives relatives à la violence sexuelle contre des mineurs dans un contexte ecclésiastique. En 2001, après la révélation de plusieurs affaires mettant en cause des prêtres aux États-Unis et en Irlande, le pape Jean-Paul II a fait évoluer les règles canoniques en insérant le crime d’abus sexuel sur mineurs commis par un religieux parmi les « crimes les plus graves ». En 2010, le pape Benoît XVI a fait publier de nouvelles règles sur « les crimes les plus graves », qui prévoient l’allongement de 10 à 20 ans du délai de prescription et l’introduction du crime de pédopornographie. L’année suivante, le Vatican a publié une circulaire appelant l’ensemble des conférences épiscopales à élaborer des « lignes directrices » pour le traitement des cas d’abus et pour l’assistance aux victimes.