28 février 2019

Tout s'explique

Pas d’accord entre la Corée du Nord et les États-Unis

Que s’est-il passé lors du sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis ?

Le président américain, Donald Trump, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, se sont quittés prématurément ce matin, sans avoir signé d’accord ni rédigé de communiqué commun. Les deux hommes s’étaient retrouvés hier à Hanoï, au Vietnam, pour un deuxième sommet après celui organisé en juin à Singapour. Ils devaient discuter du processus de paix entre les deux Corée, de la dénucléarisation de la Corée du Nord et des sanctions frappant ce pays. Donald Trump a déclaré aujourd’hui que Kim Jong-un s’était montré prêt à faire des concessions sur son programme nucléaire, mais que le dirigeant nord-coréen exigeait en contrepartie la levée intégrale des sanctions pesant sur son pays, ce que les États-Unis n’étaient pas prêts à accepter. Donald Trump et Kim Jong-un ont assuré s’être quittés en bons termes.

En quoi consistent les sanctions contre la Corée du Nord ?

Depuis 2006, année du premier essai nucléaire nord-coréen, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté neuf séries de sanctions contre la Corée du Nord. Elles consistent en l’interdiction pour le pays d’exporter de nombreux produits, tels que le fer et le charbon, et d’en importer d’autres, comme les armes et certains produits technologiques. Les transactions financières sont limitées et plusieurs personnalités politiques, économiques et militaires ont vu leurs avoirs gelés ou ont été visées par des interdictions de voyager. Dans l’ouvrage « La Corée du Nord en 100 questions » publié en 2016, les journalistes Juliette Morillot et Dorian Malovic estimaient que les sanctions affectaient surtout les classes moyennes. Plusieurs puissances, comme les États-Unis, l’Union européenne ou encore le Japon, ont pris d’autres sanctions contre le pays.

Où en est le programme nucléaire de la Corée du Nord ?

Depuis 2006, la Corée du Nord a réalisé six essais nucléaires, dont trois en 2016 et 2017. Les sanctions internationales ont eu « pour effet de ralentir son programme nucléaire, mais elles ont rendu le pays plus indépendant dans ses processus d’approvisionnement », expliquait en février à Brief.me Emmanuelle Maitre, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique. Le président américain a estimé après sa première rencontre avec Kim Jong-un que la Corée du Nord « n’était plus une menace nucléaire ». Quelques semaines plus tard, le Washington Post révélait que, selon plusieurs agences américaines du renseignement, la Corée du Nord était en train de construire de nouveaux missiles capables d’atteindre les États-Unis. Donald Trump a depuis répété qu’il n’était pas pressé de convaincre la Corée du Nord de se dénucléariser, tant que celle-ci continuait de ne procéder à aucun tir ni essai, comme c’est le cas depuis plus d’un an.