4 mars 2019

Tout s'explique

SpaceX ouvre la voie à une reprise des vols habités américains

En quoi l’amarrage de la capsule de SpaceX est-il important ?

L’entreprise aérospatiale américaine SpaceX et la Nasa, l’agence spatiale américaine, ont annoncé hier l’amarrage de la capsule Crew Dragon à la Station spatiale internationale (ISS). Cette mission, inhabitée, consistait à vérifier la fiabilité de la capsule conçue par SpaceX. Sa réussite doit conduire à la reprise des vols habités vers l’espace par les États-Unis, prévue d’ici la fin de l’année. Le pays n’en a pas mené depuis 2011, année de la fin de son programme de navettes spatiales. Il est depuis dépendant de la Russie, le seul pays à pouvoir encore envoyer des humains dans l’espace, moyennant un prix qui a largement augmenté, selon les chiffres rapportés par la Nasa. Le retour de Crew Dragon sur Terre est prévu le 8 mars, avec un amerrissage dans le golfe du Mexique. L’entreprise américaine Boeing développe aussi une capsule visant à envoyer des humains dans l’espace d’ici la fin de l’année.

Quelles sont les autres activités de SpaceX ?

Le milliardaire américain Elon Musk a fondé SpaceX en 2002. Le principal objectif de l’entreprise est de concevoir des lanceurs réduisant le coût de la mise en orbite de satellites. SpaceX a développé plusieurs types de véhicules pouvant aller dans l’espace. Elle a envoyé avec succès son premier lanceur, le Falcon 1, en 2008. En 2012, elle est devenue la première entreprise privée à accomplir une mission spatiale, en amarrant une capsule de ravitaillement à l’ISS. Fin 2015, elle a fait revenir sur Terre un lanceur de fusée, le Falcon 9, ce qui constituait une prouesse technique, bien que l’entreprise ait été devancée un mois plus tôt par une autre entreprise privée spécialisée dans l’aérospatiale, Blue Origin. Elle a ensuite renvoyé pour la première fois en 2017 un lanceur qu’elle avait ainsi récupéré.

Où en est l’Europe dans la conquête spatiale ?

« L’Europe ne peut exclure de ses réflexions les vols habités, au risque d’être isolée plus tard dans l’espace », a déclaré en septembre Stéphane Israël, dirigeant d’Arianespace, une société européenne chargée notamment de la commercialisation et de l’exploitation de systèmes de lancement. Or l’Europe n’a pas prévu pour l’instant de programme visant à envoyer un homme ou une femme dans l’espace, contrairement aux États-Unis et à la Russie, mais aussi à l’Inde et à la Chine qui ont annoncé des projets. La Commission européenne a proposé l’an dernier de faire monter à 16 milliards d’euros le budget destiné à développer les activités spatiales européennes durant la période 2021-2027 pour « renforcer l’accès autonome de l’Europe à l’espace ». Ce budget atteignait 12 milliards d’euros lors de l’exercice 2014-2020.