4 mars 2019

C'est leur avis

Les « Gilets jaunes » aspirent à la stabilité de la classe moyenne

La 16e journée de mobilisation des « Gilets jaunes » a rassemblé samedi 39 300 personnes, selon le ministère de l’Intérieur, et 96 427 personnes, selon Le Nombre jaune, une page Facebook animée par des participants au mouvement. Dans la revue The New York Review of Books, James McAuley, correspondant à Paris, a analysé ce mouvement et juge qu’il reflète un sentiment de déclassement.

« Comme Tocqueville l’avait remarqué, les révolutions ne sont pas alimentées par ceux qui souffrent le plus, mais par ceux dont le statut économique s’est amélioré et qui ont ensuite vécu une chute soudaine et inattendue. Il semble que c’en est ainsi avec les “Gilets jaunes” : la plupart vivent au-dessus du seuil de pauvreté, mais proviennent des rangs les plus précaires de la classe moyenne inférieure, un groupe qui aspire à la stabilité de la classe moyenne et cherche à s’y assurer une place à travers une consommation palliative : certaines marques de vêtements, le dernier iPhone, la nouvelle télévision. […] Pour de nombreux manifestants, la vie n’est tout simplement pas comme ils l’imaginaient ou comme ils estimaient la mériter. » James McAuley