13 mars 2019

Tout s'explique

Le projet d’accord sur le Brexit de nouveau rejeté

Pourquoi les députés britanniques ont-ils rejeté le projet d’accord sur le Brexit ?

Les députés britanniques ont rejeté hier soir par 391 voix contre 242 le nouveau projet d’accord sur le Brexit présenté par la Première ministre, Theresa May. Les parlementaires avaient déjà rejeté le 15 janvier un premier projet. La dirigeante britannique avait déclaré lundi avoir obtenu de l’Union européenne des garanties pour répondre aux craintes de certains élus de voir le Royaume-Uni contraint de rester indéfiniment dans l’Union douanière si un accord de libre-échange n’est pas conclu avec l’UE. Plusieurs élus du Parti conservateur, la formation de Theresa May, et le DUP, le parti nord-irlandais auquel elle s’est alliée pour obtenir une majorité au Parlement, ont estimé ces garanties insuffisantes. Jeremy Corbyn, dirigeant de la principale formation d’opposition, le Parti travailliste, avait appelé hier à voter contre le projet d’accord en dénonçant ses risques pour le niveau de vie des habitants, les emplois et le système de santé.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Theresa May a obtenu fin février l’aval des députés sur sa stratégie en cas de nouveau rejet du projet d’accord au Parlement britannique. Conformément à celle-ci, les députés britanniques devront voter ce soir pour dire s’ils souhaitent que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne sans accord, ce qui se ferait alors à la date prévue, le 29 mars. S’ils refusent cette option, ils devront voter demain pour dire s’ils souhaitent obtenir de l’Union européenne un report de la date de sortie. Theresa May a déclaré hier que le vote de ce soir serait un « vote libre », c’est-à-dire un vote pour lequel les parlementaires ne reçoivent pas de consigne de vote de la part de leur parti.

Quelle est la réaction des autres membres de l’Union européenne ?

Si les députés britanniques votent demain pour un report de la date du Brexit, celui-ci ne pourra être décidé sans l’accord unanime des 27 autres États membres de l’UE. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré lundi que le Royaume-Uni devrait avoir quitté l’UE le 23 mai au plus tard ou qu’il devrait participer aux élections européennes, les 27 autres pays de l’union organisant le scrutin entre le 23 et le 26 mai. Il y a deux semaines, le président français, Emmanuel Macron, s’est dit prêt à examiner une demande de report de la date du Brexit « si elle est justifiée » et offre « une perspective claire sur l’objectif poursuivi ». Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a déclaré aujourd’hui que le risque d’un départ du Royaume-Uni sans accord n’avait « jamais été aussi élevé ».