18 mars 2019

Tout s'explique

Le maintien de l’ordre repensé face aux « Gilets jaunes »

Quelles violences ont marqué la 18e journée de mobilisation des « Gilets jaunes » à Paris ?

De nombreux actes de violence ont eu lieu sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris lors de la 18e journée de mobilisation des « Gilets jaunes ». La Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France affirme que 91 commerces ont subi de la casse, des vols ou des incendies. La Fédération française de l’assurance estime à 170 millions d’euros les dégâts liés aux manifestations des « Gilets jaunes » depuis le début du mouvement, le 17 novembre, mais sans compter les dégâts de samedi. 237 personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police de Paris. Plus de 5 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés à Paris. Ils étaient 8 000 le 8 décembre, une semaine après un samedi au cours duquel avaient été commises d’importantes dégradations. 32 300 personnes ont manifesté dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, contre 28 600 personnes le samedi précédent.

Comment réagit le gouvernement ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a reconnu des « dysfonctionnements » dans le dispositif de sécurité déployé à Paris samedi. À l’issue d’une réunion organisée aujourd’hui avec le président de la République et les ministres de l’Intérieur et de la Justice, il a annoncé que les manifestations dans les quartiers « les plus touchés » par les violences seraient désormais interdites lorsque l’exécutif aura connaissance de la participation « d’éléments ultras ». Des « unités anticasseurs » seront également mises en place pour « disperser et interpeller dès les premiers troubles ». Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, sera relevé de ses fonctions mercredi. La semaine dernière, le Parlement avait adopté le projet de loi contre les violences dans les manifestations, qui prévoit des interdictions administratives de manifester, dont l’entrée en vigueur est suspendue à un examen au Conseil constitutionnel.

Quelles critiques sont adressées à la stratégie de maintien de l’ordre ?

Les « polémiques » sur l’usage des lanceurs de balles de défense « ont conduit à ce que des consignes inappropriées soient passées pour réduire leur usage », a déclaré cet après-midi Édouard Philippe. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait déclaré mercredi que l’Inspection générale de la police nationale avait été saisie 174 fois par la justice pour des soupçons de violences policières depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes ». « Ils ont fait le choix de la résilience, pour éviter les blessés [€], au détriment de l’intervention : ça donne une situation catastrophique sur le plan matériel », a déclaré au Monde le secrétaire général du syndicat Unsa Police, Philippe Capon. Christophe Korell, président de l’Agora des citoyens, de la police et de la justice, une association visant à rapprocher les policiers et les citoyens, s’étonne dans La Croix que les forces de l’ordre n’aient pas appliqué un dispositif de fouille systématique, comme le 8 décembre, qui avait permis de « saisir des objets divers et variés et de procéder à de nombreuses gardes à vue ».