20 mars 2019

Tout s'explique

Les dégâts du cyclone Idai

Quelle est l’étendue des dégâts du cyclone Idai ?

Le cyclone Idai, qui a touché le Mozambique jeudi soir et poursuivi son parcours jusqu’à samedi en causant d’importants dégâts au Zimbabwe et au Malawi (voir carte), a tué au moins 300 personnes, selon un bilan provisoire. Le gouvernement du Mozambique, où ont pour l’heure été recensées deux tiers des victimes, a déclaré hier soir trois jours de deuil national. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont perdu leur maison et de nombreuses infrastructures ont été détruites par les vents violents et les inondations, selon l’ONU. Le responsable de la communication pour l’Afrique australe du Programme alimentaire mondial (PAM), un programme de l’ONU, a déclaré hier que la préoccupation majeure concernait les personnes « bloquées, isolées par les inondations » et a ajouté que « les gens qui ont survolé la zone parlent d’océans intérieurs, sur des kilomètres et des kilomètres, avec de l’eau à un niveau supérieur à celui des arbres ».

Comment s’organisent les secours ?

La marine indienne et l’aviation sud-africaine aident le gouvernement mozambicain à évacuer les habitants sinistrés, a déclaré hier le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Mais les fortes pluies qui persistent compliquent l’action des secours. « Nous prenons des gens qui ont de l’eau jusqu’à la tête et les emmenons par hélicoptère et par bateau jusqu’à des endroits où ils ont de l’eau jusqu’aux chevilles », a déclaré aujourd’hui Pedro Matos, coordinateur du PAM, à la chaîne qatarie Al Jazeera. Le PAM a distribué des biscuits énergétiques aux sinistrés en attente d’une évacuation et le gouvernement britannique a envoyé plusieurs milliers d’abris d’urgence. La Commission européenne a annoncé hier une aide de 3,5 millions d’euros pour fournir une assistance en matière d’hébergement d’urgence, d’hygiène et de soins aux trois pays affectés par le cyclone.

Quelle était la situation du Mozambique avant la catastrophe ?

Pays de 30 millions d’habitants, le Mozambique figure depuis plus de 30 ans dans la liste des « pays les moins avancés » que tient l’ONU. Il s’agit de pays à faibles revenus qu’elle qualifie de « hautement vulnérables à des chocs économiques et environnementaux ». Le Mozambique avait en 2017 l’un des plus faibles PIB par habitant au monde avec moins de 1 250 dollars par habitant en parité de pouvoir d’achat, selon la Banque mondiale, un organisme de financement du développement. Le pays est très dépendant de l’agriculture, qui représente près du quart de son PIB et emploie 70 % de sa population active, selon la Banque africaine de développement. Avant même l’arrivée du cyclone Idai, la fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’était inquiétée des conséquences d’inondations d’ampleur sur les récoltes agricoles du pays.