25 mars 2019

Tout s'explique

Pas de preuve de collusion entre Trump et la Russie

Que contient le rapport de Robert Mueller au sujet de Donald Trump ?

Nommé en mai 2017, le procureur spécial Robert Mueller a conclu à l’absence d’élément démontrant un complot ou une coordination entre l’équipe de campagne de Donald Trump et les autorités russes pour influencer le résultat de l’élection présidentielle de 2016. Le rapport n’a pas été rendu public, mais le procureur général des États-Unis, qui dirige le département de la Justice, William Barr, en a transmis hier une synthèse de quatre pages au Congrès avant de la rendre publique. Sur la question d’une possible obstruction à la justice de la part du président américain, « si ce rapport ne conclut pas que le président a commis un crime, il ne l’exonère pas non plus », écrit Robert Mueller cité par William Barr. Cette réserve n’a pas empêché le président américain de se féliciter sur Twitter d’une « disculpation complète et totale » le concernant.

Pourquoi cette enquête avait-elle été décidée ?

Cette enquête a été décidée après le limogeage, le 9 mai 2017, par Donald Trump de James Comey, le directeur du FBI, la police fédérale américaine. Début 2017, les agences de renseignement américaines avaient affirmé que les autorités russes avaient cherché à influencer le résultat de l’élection présidentielle américaine. En mars, James Comey avait déclaré qu’une enquête était en cours sur le rôle de la Russie et sur « une éventuelle coordination » avec l’équipe de campagne de Donald Trump. Après le limogeage de James Comey, le président américain a laissé entendre que son éviction était liée à cette enquête. Le 17 mai 2017, le procureur général adjoint Rod Rosenstein a annoncé la nomination de Robert Mueller comme procureur spécial chargé d’enquêter sur les soupçons de collusion, déclarant que « l’intérêt public » lui commandait de « placer cette investigation sous l’autorité d’une personne indépendante ».

Comment s’est déroulée l’enquête ?

Un procureur spécial peut être nommé sur décision du département de la Justice lorsque des soupçons concernent des responsables publics de haut rang. Cet enquêteur jouit d’une plus grande indépendance qu’un procureur fédéral classique. Il a tout pouvoir pour élargir son investigation à d’autres infractions découvertes au cours de l’enquête. Le travail de Robert Mueller a ainsi conduit à la condamnation à des peines de prison de plusieurs proches collaborateurs du président américain, comme son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, entre autres pour malversation financière, et son ancien avocat, Michael Cohen, en particulier pour évasion fiscale. Si l’enquête de Robert Mueller est close, d’autres sont toujours en cours au sein du Congrès américain.