4 avril 2019

Tout s'explique

Nouvelle arrestation de Carlos Ghosn

Quelles sont les nouvelles accusations contre Carlos Ghosn ?

Carlos Ghosn, l’ancien dirigeant des groupes automobiles Renault, Nissan et Mitsubishi Motors, a été arrêté ce matin au Japon pour abus de confiance aggravé. Il était assigné à résidence à Tokyo depuis le 6 mars, après avoir été placé en détention provisoire le 19 novembre pour des soupçons de malversations financières. Le parquet japonais soupçonne cette fois-ci Carlos Ghosn d’avoir prélevé pour son compte personnel une partie des versements effectués par Nissan à la société Suhail Bahwan Automobiles, distributeur exclusif de la marque dans le sultanat d’Oman. Selon Les Échos, les procureurs chargés de l’enquête soupçonnent que les sommes détournées ont alimenté une entreprise implantée au Liban qui aurait notamment investi dans une entreprise cofondée par le fils de Carlos Ghosn et acheté un yacht utilisé par Carlos Ghosn.

Comment a évolué l’attitude de Renault vis-à-vis de son ancien dirigeant ?

Alors que Nissan et Mitsubishi Motors avaient révoqué Carlos Ghosn de ses fonctions en novembre, Renault a décidé de le maintenir à son poste de PDG en novembre puis en décembre. Le 16 janvier, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré qu’il était temps de doter Renault d’une « nouvelle gouvernance pérenne ». C’est ce que le conseil d’administration de Renault a fait le 24 janvier en entérinant la démission de Carlos Ghosn et en le remplaçant. Depuis, cette instance a décidé que l’ex-PDG ne percevrait ni son indemnité de départ, ni sa retraite chapeau, un régime complémentaire de retraite payé par l’entreprise pour les dirigeants. Renault a aussi transmis à la justice plusieurs informations, comme les avantages en nature dont a bénéficié Carlos Ghosn à titre personnel dans le cadre d’une convention de mécénat avec le château de Versailles.

Qu’est-ce qui attend Carlos Ghosn ?

Carlos Ghosn a été mis en examen pour avoir minoré ses revenus auprès des autorités boursières de Tokyo de 2010 à 2018 et avoir imputé à Nissan des pertes réalisées dans le cadre de placements personnels. Lors de sa comparution publique en janvier, il a déclaré être « accusé à tort ». Dans un entretien diffusé aujourd’hui par TF1 et LCI, Carlos Ghosn a de nouveau assuré être « innocent », tout en sollicitant l’aide du « gouvernement français » pour le « défendre » en tant que « citoyen pris dans un engrenage incroyable ». Il avait fait savoir hier qu’il tiendrait une conférence de presse le 11 avril pour « dire la vérité sur ce qui se passe ». Ce rendez-vous semble compromis dans la mesure où son avocat, Junichiro Hironaka, estime que la garde à vue sera prolongée de 10 jours. Ce dernier a déclaré que le procès de Carlos Ghosn ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois et pourrait durer plus d’un an.