9 avril 2019

Tout s'explique

Offensive sur Tripoli en Libye

Où en est l’offensive sur Tripoli lancée par le maréchal Khalifa Haftar ?

Le maréchal libyen Khalifa Haftar, qui dirige une force baptisée Armée nationale libyenne (ANL) contrôlant une grande partie du pays, a lancé jeudi dernier une offensive sur la capitale, Tripoli (voir la carte). Il souhaite prendre le pouvoir au gouvernement d’union nationale installé dans la ville et reconnu par l’ONU, mais dont il conteste la légitimité. Les combats ont fait au moins 47 morts et 191 blessés, selon les services de secours locaux, a rapporté aujourd’hui l’une des porte-parole de l’Organisation mondiale de la Santé, qui dépend de l’ONU. Hier, Ahmed al-Mesmari, porte-parole de l’ANL, a confirmé que ses troupes étaient à l’origine d’une frappe contre l’aéroport international de Mitiga, situé à huit kilomètres de Tripoli. L’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a condamné cette attaque aérienne contre « le seul aéroport opérationnel de la capitale à être utilisé à des fins civiles ».

Comment la France est-elle impliquée en Libye ?

En 2011, la France a été le premier pays à reconnaître le Conseil national de transition libyen, un organe politique créé pendant la révolution libyenne pour assurer la transition démocratique. Depuis 2017, la France a organisé à deux reprises des rencontres entre les principaux responsables politiques libyens, dont le maréchal Haftar, alors que les autres pays occidentaux refusent d’en faire un interlocuteur. En juillet 2017, Khalifa Haftar s’est mis d’accord à Paris avec Fayez al-Sarraj, le Premier ministre du gouvernement d’union nationale, sur un cessez-le-feu et l’organisation d’élections, sans qu’une date soit mentionnée. En mai dernier, les deux hommes, à nouveau réunis à Paris, se sont engagés à organiser début décembre des élections législatives et présidentielle, mais celles-ci n’ont pas eu lieu.

Quelle solution avait été mise en place après le renversement de Kadhafi ?

Au pouvoir pendant 42 ans, Mouammar Kadhafi a été renversé en 2011 à la suite d’un mouvement de contestation populaire et d’une intervention militaire sous l’égide de l’ONU. La France faisait partie des pays à l’origine de la résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU permettant une offensive militaire contre les forces progouvernementales. Cette intervention a pris fin au lendemain de la mort de Mouammar Kadhafi en octobre. Elle a laissé place à une transition démocratique chaotique qui a donné lieu à une nouvelle guerre civile, à l’émergence de milices et à la progression du groupe djihadiste État islamique dans le pays. L’ONU est à l’origine d’un accord signé fin 2015 qui a permis l’installation à Tripoli du gouvernement d’union nationale de Fayez al-Sarraj.