10 avril 2019

Tout s'explique

Le parti de Benjamin Netanyahou en tête des législatives en Israël

Sur qui le Likoud peut-il s’appuyer pour rester au pouvoir ?

Le Likoud, le parti du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est arrivé en tête des élections législatives organisées hier avec 26,3 % des voix selon des chiffres issus du dépouillement de plus de 95 % des bulletins de vote. Il devance légèrement la coalition centriste Bleu et Blanc menée par l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz et l’ancien présentateur de journal télévisé Yaïr Lapid, qui recueille 26 % des voix. Selon ces résultats provisoires, les deux listes obtiennent ainsi 35 sièges à la Knesset, le Parlement israélien. Il en faut 61 pour former un gouvernement, la Knesset comptant 120 députés. Le Likoud est le plus à même d’y parvenir, car les partis de droite et les formations juives ultraorthodoxes qui pour la plupart composaient le gouvernement sortant cumulent 65 sièges. Généralement, le président israélien donne 42 jours au dirigeant du parti arrivé en tête pour former une coalition, qui doit ensuite remporter un vote de confiance du Parlement.

Quel était le programme de Benjamin Netanyahou ?

Benjamin Netanyahou a lancé sa campagne électorale le mois dernier en mettant en avant les « grands accomplissements qui ont apporté à Israël la meilleure situation de son histoire ». Le Premier ministre, au pouvoir depuis 2009, a pu s’appuyer sur les bons chiffres de l’économie israélienne, dont la croissance a atteint 3,2 % en 2018, selon des résultats provisoires publiés le 31 décembre par l’institut de statistiques israélien. Les sujets économiques ont néanmoins été peu présents dans la campagne. Benjamin Netanyahou a régulièrement présenté la coalition centriste à laquelle il fait face comme un mouvement « de gauche » et a tenté de convaincre les électeurs de droite en promettant d’annexer les colonies israéliennes de Cisjordanie, considérées comme illégales par l’ONU. Il a également fait valoir sa proximité avec plusieurs dirigeants tels que l’Américain Donald Trump, le Russe Vladimir Poutine et le Brésilien Jair Bolsonaro.

Quelles affaires menacent le Premier ministre ?

Le procureur général d’Israël, Avichai Mandelblit, a annoncé fin février son intention d’inculper Benjamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance. La police a réclamé son inculpation dans trois affaires de corruption. Le Premier ministre est notamment soupçonné d’avoir favorisé les intérêts de dirigeants d’entreprises de presse et de télécommunications en échange d’une couverture médiatique favorable. Les avocats de Benjamin Netanyahou avaient demandé au procureur de suspendre ses auditions le temps de la campagne et de ne pas leur communiquer les éléments du dossier. Le procureur les a convoqués demain pour les leur remettre. Le Premier ministre a affirmé le 23 mars à une chaîne de télévision israélienne qu’il n’avait pas l’intention de faire voter une loi empêchant l’inculpation d’un Premier ministre en exercice, mais il n’a ensuite pas exclu de soutenir une telle législation.