12 avril 2019

Tout s'explique

Les poursuites contre Julian Assange

Qu’est-il reproché à Julian Assange ?

La police britannique a arrêté hier l’activiste australien Julian Assange, cofondateur du site de diffusion de documents confidentiels WikiLeaks, dans l’enceinte de l’ambassade d’Équateur à Londres. Il y avait trouvé refuge en 2012, alors que la Cour suprême britannique avait autorisé son extradition vers la Suède pour y répondre d’une accusation de viol. La justice suédoise a abandonné les poursuites contre lui en 2017, mais l’avocate de la plaignante a déclaré hier à l’AFP qu’elle allait « tout faire pour que les procureurs rouvrent l’enquête ». Julian Assange a été condamné hier par la justice britannique pour avoir enfreint les conditions de sa liberté provisoire au Royaume-Uni en 2012. Les États-Unis ont demandé son extradition afin de le poursuivre pour « complot en vue de commettre une intrusion informatique », lui reprochant de s’être entendu avec l’analyste militaire Chelsea Manning en 2010 pour l’aider à accéder à des informations confidentielles.

Qu’avait révélé WikiLeaks ?

Fondé en 2006, WikiLeaks s’est fait mondialement connaître en 2010 en révélant plusieurs centaines de milliers de documents confidentiels de l’armée américaine sur la guerre en Afghanistan, puis sur celle en Irak. Il a également diffusé une vidéo montrant qu’un hélicoptère de l’armée américaine avait ouvert le feu en 2007 sur des civils, en tuant une dizaine, dont deux reporters de l’agence de presse Reuters. Fin 2010, WikiLeaks a publié 250 000 câbles diplomatiques, des documents montrant la manière souvent peu flatteuse dont les membres de la diplomatie américaine décrivaient les dirigeants de pays étrangers au département d’État, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères. En 2015, des documents obtenus par WikiLeaks ont révélé que les services de renseignement américains avaient placé sur écoute plusieurs dirigeants de pays étrangers, dont les présidents français Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Quelles sont les critiques adressées à WikiLeaks ces dernières années ?

Alors que le New York Times avait participé à la publication en 2010 des documents militaires et diplomatiques obtenus par WikiLeaks, trois journalistes du quotidien ont noté dans un article de septembre 2016 que les révélations de l’organisation « avaient souvent bénéficié à la Russie, au détriment de l’Ouest ». Hillary Clinton a accusé en 2017 Julian Assange d’avoir contribué à sa défaite à l’élection présidentielle américaine de 2016. WikiLeaks avait diffusé pendant la campagne près de 20 000 e-mails de responsables du Parti démocrate. Le département américain de la Justice a annoncé en juillet 2018 l’inculpation de 12 ressortissants russes accusés d’être à l’origine du piratage. Donald Trump a déclaré plusieurs fois pendant la campagne qu’il adorait les révélations de WikiLeaks, mais il a dit hier que l’arrestation de Julian Assange n’était pas son « affaire ».