18 avril 2019

Tout s'explique

La reconstruction de Notre-Dame

Une reconstruction de Notre-Dame à l’identique est-elle envisagée ?

Le ministre de la Culture, Franck Riester, a déclaré ce matin sur BFMTV que le gouvernement n’avait pas tranché le débat entre les partisans d’une reconstruction à l’identique de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée lundi par un incendie, et les défenseurs d’une approche incorporant des techniques modernes. Dans un communiqué publié hier, l’Élysée justifie le choix de lancer un concours international d’architecture pour la reconstruction de la flèche : « Celle-ci ne faisant pas partie de la cathédrale d’origine, le président de la République souhaite qu’une réflexion soit menée et qu’un geste architectural contemporain puisse être envisagé. » Cette éventualité a été critiquée par plusieurs têtes de liste aux élections européennes, dont François-Xavier Bellamy (Les Républicains). « Avant de nous proclamer bâtisseurs, reconnaissons que nous sommes d’abord héritiers », a-t-il estimé.

L’objectif de cinq ans pour la reconstruction est-il réaliste ?

Spécialiste de l’architecture médiévale et chargé du mécénat au ministère de la Culture, Grégory Teillet a estimé sur Franceinfo que refaire la charpente en bois à l’identique prendrait « au moins 10 à 15 ans », tandis que l’utilisation de l’acier ou du béton permettrait d’aller « beaucoup plus vite ». Dans une allocution télévisée mardi soir, Emmanuel Macron a souhaité que le chantier ne dépasse pas cinq ans. Incendiée en 1836, la cathédrale de Chartres a été reconstruite avec une charpente métallique. Celle de Reims, victime d’un incendie pendant la Première Guerre mondiale l’a été avec une charpente en béton armé. Plusieurs architectes se sont prononcés ces derniers jours pour l’utilisation de matériaux modernes pour Notre-Dame, faisant valoir que la plupart des monuments historiques sont le résultat d’un empilement de couches successives.

Quelles questions soulèvent les promesses de dons ?

La majeure partie du montant des promesses de dons atteignant près de 900 millions d’euros provient de grandes fortunes ou de groupes. Tête de liste de la France insoumise pour les élections européennes, Manon Aubry a dénoncé hier une « course à l’échalote de l’entreprise qui donnerait le plus tout en revendiquant l’exonération d’impôt ». La famille Pinault a annoncé hier qu’elle ne ferait « pas valoir l’avantage fiscal » lié à son don annoncé de 100 millions d’euros pour la reconstruction de la cathédrale. Lorsqu’il effectue un don à une œuvre d’intérêt général, le contribuable peut en déduire une partie sur le montant de son impôt. François-Henri Pinault, président de la holding familiale et PDG du groupe de luxe Kering, a déclaré dans un communiqué « qu’il n’est pas question d’en faire porter la charge aux contribuables français ». Bernard Arnault, PDG de LVMH, a jugé « consternant » de se faire critiquer pour des dons et précisé que, dans son cas, ils ne seraient pas éligibles à une défiscalisation.