19 avril 2019

Tout s'explique

Grève dans les hôpitaux publics de Paris

Quelles sont les motivations de la grève dans les hôpitaux ?

Plusieurs syndicats de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont appelé à faire grève entre hier soir et demain matin pour réclamer de « véritables négociations » sur les effectifs, les salaires et les conditions de travail. L’AP-HP est un centre hospitalier universitaire regroupant une quarantaine d’hôpitaux en région parisienne ainsi que dans plusieurs villes de France comme Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) ou Hyères (Var), qui accueillent en moyenne 10 millions de personnes malades par an. Le mouvement de grève a été initié en mars à l’hôpital Saint-Antoine à Paris après des agressions subies par plusieurs membres du personnel soignant. Les syndicats réclament des postes supplémentaires pour faire face à l’afflux de patients, des moyens pour assurer la sécurité du personnel et une prime de 300 euros par mois pour les agents des urgences.

Que propose l’AP-HP ?

Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, a annoncé hier sur Franceinfo que la « prime de dangerosité » que touche le personnel des services d’urgence serait revalorisée de 5,76 euros à « environ 60 euros ». Il a également promis que l’effectif évoluerait proportionnellement au nombre de passages aux urgences. Il a annoncé la création de 61 postes en expliquant que cela correspondait à une augmentation de 3,4 % de l’effectif basée sur une « croissance de l’activité » de 3,4 % « au cours des derniers mois ». Les syndicats demandent de leur côté la création de 700 postes pour assurer le bon fonctionnement des hôpitaux. Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et délégué CGT, a toutefois reconnu une avancée dans les propositions de Martin Hirsch, celle de maintenir des « vigiles 24 heures sur 24 » aux urgences pour répondre aux besoins de sécurité.

Quelle est la situation des hôpitaux publics ?

La Fédération hospitalière de France, qui réunit la plupart des établissements publics de santé, a évalué le déficit de ceux-ci à 650 millions d’euros en 2018. Il atteint environ 200 millions d’euros pour l’AP-HP. En difficulté financière, les hôpitaux publics font face à une forte augmentation du nombre de visites aux urgences. Celles-ci ont doublé en 20 ans dans les structures publiques et privées, passant de 10,1 millions en 1996 à près de 21 millions en 2016, selon un rapport publié en juin par le ministère de la Santé. Cette augmentation de la charge de travail influe sur la santé des personnels soignants. Selon une étude publiée en novembre 2017 par la Drees, la direction des études du ministère de la Santé, « les arrêts maladie touchent plus fortement les hôpitaux que la plupart des autres secteurs d’activité » avec 10 jours d’absence déclarés pour maladie par an en moyenne, contre 7,9 dans l’ensemble des secteurs.