23 avril 2019

Tout s'explique

L’EI revendique les multiples attentats au Sri Lanka

Quel est le bilan des attentats au Sri Lanka ?

Le groupe État islamique (EI) a revendiqué aujourd’hui via son agence de presse Amaq les attentats qui ont touché dimanche le Sri Lanka. Huit explosions ont eu lieu, faisant 321 morts et 521 blessés, selon le dernier bilan adressé aujourd’hui au Parlement sri-lankais par le vice-ministre de la Défense. Parmi les personnes décédées se trouvaient 31 étrangers, d’après le ministère des Affaires étrangères. Quatre explosions quasi simultanées ont eu lieu dimanche dans la capitale économique du pays, à Colombo, touchant l’église catholique de Saint-Antoine, où était célébrée une messe de Pâques, ainsi que trois hôtels de luxe. Deux autres églises, l’une à Negombo, dans l’ouest du pays, et l’autre à Batticaloa, sur la côte est, ont également été touchées dans la matinée. Deux autres explosions ont eu lieu en début d’après-midi dans des maisons en banlieue de Colombo.

Comment l’enquête se déroule-t-elle ?

L’EI n’a fourni aucune preuve de son implication dans les attentats sri-lankais et l’enquête ne démontre pas son implication pour le moment. Le groupe terroriste a déjà revendiqué des actes terroristes sans que sa responsabilité soit établie par la justice, comme pour l’attentat de Nice en 2016. D’après le vice-ministre de la Défense, les premiers éléments de l’enquête montrent l’implication d’un groupe islamiste local, National Thowheeth Jama’ath (NTJ), en lien avec un groupe islamiste indien, Jamaat-ul-Mujahideen India. Selon lui, l’enquête établit également que les attentats ont été commis en riposte à celui perpétré mi-mars contre deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Plusieurs suspects ont été arrêtés et interrogés. Le NTJ avait fait l’objet 10 jours plus tôt d’une alerte auprès des services de renseignement, selon laquelle le mouvement préparait des attentats contre des églises.

Comment les religions cohabitent-elles au Sri Lanka ?

70 % des 22 millions de Sri-Lankais sont bouddhistes, selon la CIA, une agence de renseignement américaine. Trois minorités religieuses se côtoient également : 13 % d’hindouistes, 10 % de musulmans et 7 % de chrétiens. « Il y a traditionnellement une certaine tolérance interreligieuse » au Sri Lanka, selon Delon Madavan, un géographe spécialiste de l’île interrogé par Franceinfo, malgré les tensions interethniques qui ont donné lieu à une guerre civile entre 1983 et 2009, opposant la majorité cinghalaise bouddhiste à une minorité tamoule hindoue. « Ces dernières années, des attaques ont été perpétrées contre des monuments ou des minorités religieuses du fait de l’émergence de partis intégristes bouddhistes », précise-t-il. Jusqu’ici, « il y avait eu des agressions à petite échelle contre les chrétiens, mais jamais d’une telle ampleur ».