25 avril 2019

Tout s'explique

Le devenir des déchets nucléaires en débat

À quoi sert le débat public sur les déchets nucléaires ?

Le premier atelier thématique organisé dans le cadre d’une consultation nationale sur la gestion des matières et déchets radioactifs a eu lieu hier soir à Caen sur le thème « Que léguerons-nous à nos enfants ? ». Lancée la semaine dernière, cette consultation est organisée jusqu’au 25 septembre par la Commission nationale du débat public (CNDP), une autorité administrative indépendante. Le gouvernement a décidé en 2016 d’impliquer les citoyens dans la révision, tous les trois ans, du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, qui fixe les orientations dans ce domaine depuis 2006. 23 manifestations publiques sont prévues dans les prochaines semaines. En parallèle, les citoyens peuvent formuler des propositions sur les priorités du futur plan sur le site de la CNDP. En Allemagne, également, l’autorité fédérale responsable de la recherche d’un site de stockage des déchets hautement radioactifs a entamé hier une consultation nationale.

Que deviennent aujourd’hui les déchets nucléaires ?

Fin 2017, la France comptait 1,62 million de mètres cubes de déchets nucléaires, soit l’équivalent de 648 piscines olympiques, selon le dernier bilan de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), un établissement public, dont 59 % proviennent de la production d’électricité. L’Andra classe ces déchets en six catégories en fonction de leur niveau de radioactivité et de leur durée de vie. Ils sont disséminés dans plus de 950 sites de stockage et d’entreposage sur le territoire. Votée en 2006, une loi sur le nucléaire prévoit l’enfouissement « en couche géologique profonde » pour les déchets hautement radioactifs et à durée de vie longue. L’Andra prévoit la construction d’un centre à Bure, dans l’est de la France, un projet que contestent plusieurs organisations environnementales qui doutent de sa réversibilité, c’est-à-dire la possibilité de récupérer les déchets en cas de problème.

Qu’est-ce que le retraitement ?

Le combustible usé issu des centrales nucléaires exploitées par EDF contient 1 % de plutonium, un métal radioactif. Extrait dans l’usine de retraitement de La Hague (Manche) appartenant à Orano (ex-Areva), celui-ci est réutilisé dans un nouveau combustible appelé MOX. Ce combustible contribue en France à 10 % de la production d’électricité d’origine nucléaire. La pérennité du retraitement fait partie des thèmes ouverts au débat dans le cadre de la consultation nationale. Selon EDF, ce procédé permet d’économiser la ressource d’uranium naturel. L’association environnementale Greenpeace estime au contraire qu’il augmente les risques liés au transport de combustible usé et génère une pollution supplémentaire. Elle considère également qu’il présente un risque de détournement à des fins militaires en cas d’interception lors des transports. La plupart des pays ne possèdent pas de filière de retraitement, à l’exception de la France et de la Russie.