29 avril 2019

Tout s'explique

Les socialistes remportent les législatives en Espagne

Comment se répartissent les nouveaux députés espagnols ?

Les élections législatives organisées ce dimanche en Espagne ont été remportées par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de Pedro Sanchez, chef du gouvernement depuis juin 2018, avec 28,7 % des voix et 123 sièges sur 350 au Congrès des députés, soit 39 de plus qu’en 2016. Le Parti populaire (PP, droite), connaît la plus lourde défaite de son histoire. Il perd plus de la moitié de ses députés, passant de 137 à 66. Le parti de centre droit Ciudadanos passe de 32 à 57 sièges et le parti d’extrême droite Vox fait sa première apparition au Parlement avec 24 sièges, mais même une alliance de ces trois partis ne leur suffirait pas pour obtenir la majorité absolue de 176 députés. À gauche, Podemos récolte 42 sièges (contre 67 en 2016) et les indépendantistes catalans 15 sièges (contre 9 en 2016). Les nationalistes basques et d’autres partis régionalistes se partagent les sièges restants.

Quand les socialistes vont-ils former leur gouvernement ?

La perspective des élections européennes, régionales et municipales, qui auront lieu le 26 mai en Espagne, pourrait pousser Pedro Sanchez à attendre la fin mai pour former une coalition. « Rien ne presse, nous sommes toujours en campagne », a déclaré lundi la présidente du PSOE, Cristina Narbona, dans une interview à la radio RNE. « Nous pouvons continuer à gérer les affaires courantes », a rappelé la numéro deux du gouvernement, Carmen Calvo. Avec le soutien du mouvement de la gauche radicale Podemos, Pedro Sanchez et le PSOE peuvent rassembler 165 députés, à 11 sièges de la majorité absolue. Une alliance avec les indépendantistes catalans permettrait d’atteindre ce seuil, mais ce sont eux qui avaient précipité la tenue des élections législatives en février en refusant le budget présenté par le PSOE. Le leader de Ciudadanos, Albert Rivera, a exclu à plusieurs reprises une alliance avec Pedro Sanchez.

Sur quels thèmes le parti Vox a-t-il fait campagne ?

Créé en 2013 par des déçus du PP, le parti d’extrême droite dirigé par Santiago Abascal s’oppose à l’immigration, aux féministes, au mariage homosexuel ou à l’avortement et promeut le port d’arme, une réduction des impôts et de la place de l’État dans l’économie. Mais Vox s’est surtout fait connaître en s’opposant fermement aux partis indépendantistes, après la tentative de sécession catalane, et en défendant une Espagne unie dans des discours qui se réfèrent à la culture franquiste. Les 10 premiers points de son programme électoral sont centrés sur l’unité du pays, comme « suspendre l’autonomie de la Catalogne jusqu’à la défaite totale du coup d’État », « interdire les partis, associations ou ONG qui poursuivent la destruction de l’unité territoriale de la nation et sa souveraineté » et « donner une protection juridique maximale aux symboles de la nation, en particulier le drapeau, l’hymne et la couronne ».