2 mai 2019

Tout s'explique

Des incidents dans le cadre des manifestations pour la fête du Travail

Quelle a été la mobilisation de ce 1er-Mai ?

Les rassemblements du 1er-Mai ont réuni hier 164 500 manifestants selon le ministère de l’Intérieur et 310 000 personnes selon le syndicat CGT. Il s’agit de la plus forte mobilisation pour la fête du Travail depuis 2012. Des membres du mouvement des « Gilets jaunes » ont défilé au milieu ou à côté des cortèges des syndicats. Les manifestations se sont pour la plupart déroulées sans incident. Des violences ont cependant eu lieu à Paris. Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 38 personnes, dont 14 membres des forces de l’ordre, avaient été blessées. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré que près de 19 000 contrôles préventifs avaient permis de bloquer au préalable une partie des personnes souhaitant s’infiltrer dans les cortèges pour commettre des dégradations. Selon lui, entre 800 et 1 000 personnes ayant « la volonté de casser » ont tout de même été recensées dans les cortèges. Plus de 300 personnes ont été placées en garde à vue.

Pourquoi l’AP-HP a-t-elle décidé de porter plainte ?

Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a déclaré hier soir sur Twitter qu’une plainte allait être déposée après une « tentative d’intrusion violente dans le service de réanimation chirurgicale » de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière par une « bande de manifestants/casseurs ». Cet hôpital est situé dans le XIIIe arrondissement de Paris, à proximité du parcours suivi par la principale manifestation parisienne hier. La directrice de l’hôpital, Marie-Anne Ruder, a raconté à France Inter avoir tenté de « raisonner » les manifestants, mais a déclaré que « la discussion n’était pas possible ». Plusieurs manifestants ont expliqué avoir franchi la grille de l’hôpital pour éviter les charges des forces de l’ordre et les gaz lacrymogènes. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre un groupe tenter de pénétrer dans le service de réanimation à l’arrivée des policiers.

Où en sont les plaintes pour violences policières ?

Le ministre de l’Intérieur a déclaré le 26 avril sur Franceinfo que 220 enquêtes avaient été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des suspicions de violences policières depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes » le 17 novembre. « Ce sont des enquêtes judiciaires. Elles prennent un peu de temps », a-t-il précisé. Le parquet de Paris a déclaré à L’Obs en début de semaine qu’une information judiciaire avait été ouverte concernant Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement des « Gilets jaunes », éborgné fin janvier, et que 25 enquêtes de l’IGPN étaient closes, en attente d’une décision du parquet sur les suites à leur donner. Le journaliste indépendant David Dufresne, qui interpelle fréquemment le ministère de l’Intérieur sur Twitter, a recensé plus de 740 cas de potentielles violences policières en marge du mouvement des « Gilets jaunes ».