6 mai 2019

Tout s'explique

La biodiversité en danger

Quel est le constat dressé par le rapport sur la biodiversité ?

Environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction au cours des prochaines décennies, selon un rapport publié aujourd’hui par l’IPBES, un organisme intergouvernemental indépendant comprenant plus de 130 États membres. « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine et le taux d’extinction des espèces s’accélère », alerte le texte qui désigne l’être humain comme responsable de ces changements. L’usage des mers et des terres, par la déforestation par exemple, est identifié comme le facteur le plus important de cette catastrophe : les trois quarts de l’environnement terrestre et les deux tiers du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine. Les autres causes les plus graves sont la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique, les pollutions (plastique et pesticides) et les espèces envahissantes, disséminées par les êtres humains.

Comment ces changements peuvent-ils affecter les humains ?

« La plupart des contributions de la nature ne sont pas entièrement remplaçables », avertit le rapport. Plus de 75 % des types de cultures utilisés dans le monde reposent sur la pollinisation par les animaux. Les fruits et légumes, mais aussi des ingrédients comme le café ou le chocolat, pourraient être affectés par un déclin des espèces pollinisatrices. La raréfaction du bois menace les 2 milliards d’humains qui en utilisent pour se chauffer et cuisiner. Les médicaments anticancéreux sont à 70 % tirés de la nature, de manière directe ou indirecte. Les forêts captent d’importants volumes de CO2.

Quelles solutions le rapport préconise-t-il ?

« Il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a déclaré le président de l’IPBES, Robert Watson. L’organisme a exploré plusieurs scénarios. Les seuls qui évitent que les « tendances négatives » se poursuivent ou s’aggravent passent par un « changement transformateur » : l’utilisation de techniques agricoles plus durables, la mise en place de « quotas de prises » pour la pêche, la réduction de « la demande pour les produits animaux », en particulier la viande qui mobilise une part importante des terres agricoles et provoque l’émission de gaz à effet de serre. Des « réformes fondamentales des systèmes financier et économique mondiaux » au profit d’une « économie durable » sont également recommandées, en particulier la fin des subventions accordées aux entreprises de pêche, à l’agriculture intensive, à l’élevage du bétail, à l’exploitation forestière et à l’extraction de minerais et de combustibles fossiles.