15 mai 2019

Tout s’explique

Tensions entre les États-Unis et l’Iran

Quelles mesures les États-Unis ont-ils prises vis-à-vis de l’Iran ?

Le département d’État américain, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères, a ordonné aujourd’hui à son personnel diplomatique non essentiel de quitter l’ambassade de Bagdad et le consulat d’Erbil, en Irak. Le secrétaire à la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a déclaré mercredi dernier devant une commission du Sénat avoir reçu des renseignements « très très crédibles » sur une menace imminente de l’Iran envers les intérêts américains dans la région. Le 5 mai, la Maison-Blanche a annoncé l’envoi au Proche-Orient d’un porte-avions et de bombardiers. Selon le New York Times, Patrick Shanahan a présenté la semaine dernière un plan prévoyant l’envoi de 120 000 soldats dans la région au cas où l’Iran s’en prendrait aux forces américaines ou accélérerait son développement d’armes nucléaires.

Que reprochent les États-Unis à l’Iran ?

L’exécutif américain a renforcé la semaine dernière ses sanctions économiques contre l’Iran après que celui-ci eut annoncé qu’il renonçait à respecter une partie de l’accord international visant à limiter son programme nucléaire signé en 2015 avec l’Union européenne et six pays. Les États-Unis se sont retirés de cet accord l’an dernier. Ils reprochent à l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, mais aussi de chercher à nuire à leurs alliés régionaux. Selon l’agence de presse AP, les premiers éléments d’une enquête américaine sur les avaries subies par quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, dimanche aux Émirats arabes unis accusent l’Iran d’être derrière ces actions de sabotage. Les États-Unis reprochent également à l’Iran de soutenir au Yémen les rebelles houthis qui ont revendiqué l’attaque hier par des drones de deux puits de pétrole en Arabie saoudite, un pays dont les États-Unis soutiennent l’intervention militaire au Yémen.

Comment réagissent les États européens ?

Le major général britannique Chris Ghika, commandant adjoint de la coalition contre le groupe État islamique au Proche-Orient, a déclaré hier qu’il n’y avait « pas eu d’augmentation de la menace des forces soutenues par l’Iran en Irak en en Syrie ». L’Allemagne et les Pays-Bas ont cependant annoncé aujourd’hui la suspension de leurs opérations de formation des troupes irakiennes après les mises en garde américaines. Lundi, à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays européens ont manifesté auprès de leur homologue américain, Mike Pompeo, leur inquiétude face à la possibilité d’une escalade militaire. Le Britannique Jeremy Hunt a évoqué le « risque qu’un conflit se produise par accident ». « La position américaine d’augmenter les pressions et les sanctions ne nous convient pas », a déclaré le ministre français, Jean-Yves Le Drian.