16 mai 2019

Tout s'explique

Grand débat entre les « Spitzenkandidaten »

Qu’ont déclaré les candidats européens lors du débat organisé hier soir ?

Un débat a été organisé hier soir au Parlement européen à Bruxelles entre six « Spitzenkandidaten », les têtes de liste des groupes politiques européens. Retransmis sur des chaînes de télévision dans les 28 pays de l’UE, les échanges ont opposé le Belge Nico Cué (Gauche unitaire européenne, anticapitaliste), l’Allemande Ska Keller (Verts), le Néerlandais Frans Timmermans (Parti socialiste européen), la Danoise Margrethe Vestager (Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe), l’Allemand Manfred Weber (Parti populaire européen, conservateur) et le Tchèque Jan Zahradil (Conservateurs et réformistes européens, eurosceptique). Les candidats se sont particulièrement opposés sur la question environnementale. S’ils se disent tous en faveur d’une transition écologique, Ska Keller souhaite avancer vite, Manfred Weber être attentif aux conséquences en matière d’emploi, et Nico Cué faire contribuer davantage les multinationales.

En quoi consistent les « Spitzenkandidaten » ?

Les « Spitzenkandidaten » sont les candidats supranationaux que les familles politiques du Parlement européen désignent comme leur tête de liste en vue des élections. Si l’idée de présenter de tels candidats a émergé en 1999, elle s’est concrétisée lors des élections européennes de 2014, quand les groupes ont pour la première fois nommé des « Spitzenkandidaten » tout en convenant que le vainqueur serait placé à la tête de la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE. Ce fut le cas avec la nomination de Jean-Claude Juncker, représentant du Parti populaire européen. Jusqu’alors, le président de la Commission était choisi par les dirigeants des États membres. En 2015, l’Institut Jacques-Delors, un centre de recherche sur l’UE, s’était réjoui du fait que ce système ait introduit « un peu d’Europe dans les campagnes électorales du Parlement européen, qui s’étaient jusqu’à présent essentiellement limitées à des thèmes nationaux ». Plusieurs dirigeants, dont Emmanuel Macron, souhaitent toutefois reprendre la main sur la nomination du président de la Commission.

Qui sont les groupes politiques européens ?

Huit groupes, représentant les différentes sensibilités du spectre politique, siègent au Parlement européen. Le plus important (217 sièges sur 751) est le Parti populaire européen. Cette formation réunit les députés conservateurs, par exemple les élus allemands de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel, et les élus français des Républicains. Le deuxième groupe (187 sièges) est l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, qui réunit les députés de centre gauche tels que les Britanniques du Parti travailliste et les Français du Parti socialiste. Début mai, le Belge Guy Verhofstadt, président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, groupe de 68 députés de centre droit, dont ceux du MoDem, a annoncé que sa formation serait dissoute après les élections pour recomposer une nouvelle famille avec le parti français La République en Marche.