20 mai 2019

Tout s'explique

Fin de la coalition gouvernementale en Autriche

Pourquoi le chancelier autrichien a-t-il annoncé la fin de sa coalition ?

Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a mis fin samedi à la coalition gouvernementale en place depuis décembre 2017, constituée du parti conservateur qu’il dirige et du parti d’extrême droite FPÖ. Il a convoqué de nouvelles élections législatives, dont la date n’est pas encore arrêtée. Sebastian Kurz a fait ces déclarations quelques heures après la démission du vice-chancelier et dirigeant du FPÖ, Heinz-Christian Strache, mis en cause la veille pour une tentative de collusion avec la Russie. Évoquant d’autres « erreurs » du FPÖ – récemment, l’un de ses députés a publié un poème comparant des migrants à des rats –, le chef du gouvernement a déclaré qu’il lui était « impossible de rester au pouvoir » – n’ayant pas « l’impression que le FPÖ a envie de changer » – ni de former une nouvelle coalition, les sociaux-démocrates ne partageant pas ses orientations et les autres partis étant « trop petits ».

Qu’est-il reproché au vice-chancelier ?

Deux médias allemands, Süddeutsche Zeitung et Der Spiegel, ont publié vendredi une vidéo mettant en cause Heinz-Christian Strache. Elle a été tournée en caméra cachée en juillet 2017, trois mois avant les législatives, lors d’une soirée sur l’île espagnole d’Ibiza. Heinz-Christian Strache y propose des contrats publics en échange de soutiens financiers au FPÖ à une femme prétendant être la nièce d’un oligarque russe, expliquant des mécanismes permettant de contourner les règles de financement de campagne. Il lui propose également de racheter des parts du principal journal autrichien, Kronen Zeitung, dans le but d’influencer son contenu. Les journalistes qui ont publié cette vidéo ont déclaré ne pas en connaître l’origine.

Comment le FPÖ fait-il campagne pour les élections européennes ?

Le FPÖ et Die neue Volkspartei, le parti conservateur de Sebastian Kurz, font campagne séparément pour les élections européennes, qui auront lieu entre le 23 et le 26 mai. Le FPÖ met particulièrement en avant sa lutte contre un « remplacement des populations », une théorie selon laquelle la population autrichienne serait en voie d’être remplacée par des immigrés. Sebastian Kurz a déclaré que cette théorie ne correspondait à aucune réalité. Le FPÖ est un parti allié de La Ligue, la formation du vice-président du Conseil italien Matteo Salvini et du Rassemblement national de Marine Le Pen. Avec neuf autres partis nationalistes européens, ils entendent former un groupe au Parlement européen. Plusieurs de leurs représentants étaient réunis samedi à Milan, en Italie, mais la tête de liste du FPÖ, Harald Vilimsky, a annulé sa venue à la dernière minute à cause du scandale en Autriche.