20 mai 2019

C'est leur programme

Le programme de La France insoumise

Depuis le 6 mai, nous vous présentons les programmes des principales listes en lice pour les élections européennes du 26 mai (organisées le 25 mai dans les collectivités françaises situées dans l’océan Atlantique et sur le continent américain).

  • Nom de la liste. La France insoumise
  • Tête de liste. Manon Aubry
  • Programme

Institutions. La liste présentée par La France insoumise souhaite la « sortie des traités européens actuels » et la reconnaissance d’un « droit à la désobéissance » lorsqu’un État estime que « ses intérêts fondamentaux sont mis en cause » par les règles européennes. Son programme prévoit de renforcer le pouvoir parlementaire de contrôle de l’exécutif européen. La liste conduite par Manon Aubry souhaite également que la Banque centrale européenne (BCE) rende des comptes à une instance démocratique. Sur son site internet, la BCE déclare que son indépendance est nécessaire pour assurer son « objectif principal de maintien de la stabilité des prix ».

Environnement. La liste veut proposer « un plan européen de sortie concertée du charbon et du nucléaire dans l’UE pour aller vers 100 % d’énergies renouvelables en 2050 ». Elle souhaite mettre un terme au « marché carbone », le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’Union européenne (SEQE-UE), qui revient selon elle à « acheter le droit à polluer ». Le SEQE-UE consiste à fixer pour une partie des entreprises industrielles européennes des quotas d’émission qu’elles doivent payer lorsqu’elles les dépassent et peuvent revendre lorsqu’elles se maintiennent en dessous. La France insoumise souhaite introduire des interdictions et des taxations sur les grands pollueurs. Elle propose aussi de « développer l’agriculture écologique et paysanne » via un « transfert massif » des subventions de la politique agricole commune vers les petites exploitations et l’agriculture bio.

Travail. La liste conduite par Manon Aubry entend abolir la directive sur le détachement des travailleurs et faire en sorte que ces derniers relèvent intégralement du droit du pays d’accueil s’il est plus favorable que celui de leur pays d’origine. La directive européenne sur les travailleurs détachés a été révisée en juin pour leur assurer une rémunération égale à travail égal, mais les cotisations sociales restent celles de leur pays d’origine. La France insoumise propose d’instaurer un salaire minimum dans chaque pays européen en l’établissant à 75 % du salaire médian (il était à 63 % en France en 2015). Elle souhaite également mettre en place « un salaire maximum européen » en plafonnant les écarts de rémunérations à l’intérieur des groupes européens de 1 à 20 entre les salariés les moins et les mieux payés.

Droits humains. La liste veut faire reconnaître le droit à la contraception, à l’avortement et à la fin de vie assistée dans toute l’UE. Elle souhaite lutter contre les violences domestiques en accordant à toute victime une allocation d’autonomie et un logement, ainsi qu’un titre de séjour pour les personnes étrangères, d’une durée suffisante pour qu’elle puisse assurer son autonomie. La France insoumise veut aussi « créer un corps européen civil de secours et de sauvetage en mer pour éviter les milliers de noyés en Méditerranée » et s’opposer au principe consistant selon elle à « sous-traiter » l’examen des demandes d’asile à des pays tiers, à l’exemple de l’accord signé en mars 2016 entre l’UE et la Turquie pour réduire le nombre d’arrivées de migrants en Grèce.