21 mai 2019

C'est leur programme

Le programme du Rassemblement national

Depuis le 6 mai, nous vous présentons les programmes des principales listes en lice pour les élections européennes du 26 mai (organisées le 25 mai dans les collectivités françaises situées dans l’océan Atlantique et sur le continent américain).

  • Nom de la liste. Prenez le pouvoir
  • Tête de liste. Jordan Bardella
  • Programme

Politique étrangère. La liste présentée par le Rassemblement national (RN) s’oppose à un élargissement de l’Union européenne au-delà des 28 pays qu’elle compte actuellement et manifeste en particulier son opposition à l’entrée de la Turquie. Les négociations en vue d’une adhésion de ce pays, ouvertes en 2005, sont cependant à l’arrêt. En août, Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne pensait « résolument pas » que les négociations puissent se poursuivre alors que les mesures que prend le président turc, Recep Tayyip Erdogan, « vont plutôt à l’encontre de nos principes ». Le Rassemblement national veut également « en finir avec la guerre froide » que mènent selon lui les institutions européennes vis-à-vis de la Russie via les sanctions économiques décidées après l’annexion de la région ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014.

Immigration. Le RN souhaite sortir de la « logique de libre circulation de Schengen », l’espace qui réunit 26 États, dont 22 membres de l’Union européenne, entre lesquels les contrôles aux frontières sont supprimés. Son programme prévoit « une vraie politique de dissuasion de l’immigration » consistant en particulier à « stopper l’immigration légale » et à réserver aux Français les aides sociales versées par la France. Le droit européen permet à un État membre de refuser des prestations sociales à un ressortissant d’un autre pays de l’UE, à condition qu’il n’ait jamais travaillé dans le pays ou qu’il n’y exerce plus d’activité depuis plus de six mois, comme l’a rappelé la Cour de justice de l’Union européenne en septembre 2015.

Protectionnisme. La liste conduite par Jordan Bardella entend « mettre fin au dogme de la libre concurrence » et donner la priorité aux entreprises françaises dans la commande publique. Elle souhaite instaurer une « responsabilité nationale de l’entreprise », comme le refus des délocalisations, l’embauche d’une main-d’œuvre nationale et le recours à des fournisseurs ou à des produits locaux, et l’intégrer dans les critères d’attribution des marchés publics. Cette préférence nationale n’est toutefois pas permise par le droit de l’Union européenne, qui exige une « égalité de traitement » entre les entreprises et un principe de « non-discrimination ». Sur le plan de l’agriculture, le Rassemblement national explique vouloir « favoriser le localisme » en détaxant les circuits courts et en « surtaxant les importations mondialisées anti-écologiques ».

Institutions. Le RN n’appelle plus comme par le passé à sortir de l’Union européenne, mais à en changer les institutions. Son programme prévoit la suppression de la Commission européenne au profit du Conseil et du Parlement, « dont les fonctions seraient redéfinies ». Il précise que l’initiative législative, actuellement dévolue à la Commission européenne, serait transférée au Conseil, qui rassemble les gouvernements des États membres. La liste conduite par Jordan Bardella veut également, pour orienter les décisions, instaurer un « référendum d’initiative citoyenne » au niveau national. Cette mesure, qui n’est pas du ressort des parlementaires européens, est une des revendications récurrentes du mouvement des « Gilets jaunes » et figurait déjà dans le programme de Marine Le Pen, la présidente du RN, pour l’élection présidentielle de 2017.