22 mai 2019

Tout s'explique

British Steel en redressement judiciaire

Qu’a annoncé British Steel ?

L’entreprise sidérurgique britannique British Steel a été placée en redressement judiciaire aujourd’hui après l’échec de négociations avec le gouvernement britannique visant à obtenir un prêt de secours d’une trentaine de millions d’euros. L’entreprise, qui explique ses difficultés actuelles notamment par la faiblesse de la monnaie britannique et par l’incertitude sur le Brexit, est le deuxième fabricant d’acier du pays et emploie environ 5 000 personnes, dont près de 4 000 au Royaume-Uni et les autres essentiellement en France et aux Pays-Bas. Son activité représente 20 000 emplois indirects chez ses fournisseurs. British Steel, qui porte le nom de l’ancienne compagnie sidérurgique publique britannique, a été fondé en 2016 après le rachat d’une partie de l’activité européenne du groupe indien Tata Steel par le fonds d’investissement Greybull Capital.

Quelles sont les conséquences pour la sidérurgie française ?

British Steel possède depuis 2016 une usine en France, à Hayange (Moselle). Celle-ci emploie quelque 400 personnes spécialisées dans la fabrication de rails. « Ce qui se joue en ce moment, c’est surtout l’avenir des activités sidérurgiques de British Steel au Royaume-Uni », a affirmé le ministère français de l’Économie dans un communiqué. Il précise que la procédure de redressement judiciaire n’inclut pas l’ancienne aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), dont le tribunal de grande instance de Strasbourg a confié le 2 mai la reprise à British Steel. Le communiqué explique que le site de Saint-Saulve, qui emploie environ 270 personnes, est détenu « par une autre société du groupe ».

Quelle est la situation de la sidérurgie en Europe ?

Selon l’association Eurofer, qui rassemble les entreprises européennes du secteur de l’acier, ces dernières emploient 320 000 personnes, soit 20 % de moins qu’il y a 10 ans. Eurofer a publié la semaine dernière des prévisions pessimistes pour 2019, s’attendant à une diminution du chiffre d’affaires du secteur en Europe de 0,4 %, après une croissance de 3,3 % en 2018. L’organisme a estimé que les producteurs d’acier en Europe n’avaient connu que deux années de stabilité et que celles-ci avaient pris fin mi-2018 avec l’imposition de droits de douane de 25 % sur leurs exportations vers les États-Unis, décidée par le président américain, Donald Trump. Selon Eurofer, les difficultés des entreprises du secteur sont largement causées par une forte augmentation des importations. L’association juge insuffisantes les mesures de protection mises en place en juillet par l’Union européenne.