28 mai 2019

Tout s'explique

Projet de fusion entre Fiat Chrysler et Renault

Comment est accueillie la proposition de fusion de Fiat Chrysler ?

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a posé ce matin sur RTL plusieurs conditions à une fusion entre les constructeurs automobiles Fiat Chrysler (FCA) et Renault proposée hier par le premier. L’État possédant 15 % du capital du constructeur automobile français, le ministre a assuré qu’il ferait « tout pour protéger les intérêts français ». Il souhaite en particulier que soient préservés les emplois et les sites de production et que le nouveau groupe issu d’une fusion éventuelle participe à l’initiative lancée avec l’Allemagne de création d’une filière européenne de batteries pour les véhicules électriques. Le vice-président du Conseil italien, Matteo Salvini, a déclaré hier qu’une participation de l’État italien dans le futur groupe pourrait être « requise », compte tenu de l’importance du secteur automobile dans l’économie du pays. Renault s’est dit prêt hier à étudier la proposition de FCA.

Pourquoi Fiat propose-t-il une telle fusion ?

Dans un communiqué détaillant sa proposition de fusion à parité, FCA met en avant l’effet de taille. Le nouvel ensemble produirait environ 8,7 millions de véhicules par an, renforcerait son emprise géographique et se hisserait au troisième rang mondial. FCA évalue à plus de 5 milliards d’euros les synergies annuelles possibles, telles que les mises en commun de plateformes de production, des activités de recherche et des investissements dans les nouvelles technologies (véhicules électriques, connectés et autonomes). « Sachant que le groupe FCA a accumulé beaucoup de retard sur ces technologies et sur les nouvelles normes environnementales européennes, Renault pourrait lui offrir de quoi “verdir” ses modèles », estime dans La Croix Bernard Jullien, maître de conférences à l’université de Bordeaux, spécialiste de l’industrie automobile.

Comment évolue l’alliance de Renault avec Nissan et Mitsubishi ?

En 1999, Renault a créé avec Nissan une alliance stratégique, que Mitsubishi Motors a rejointe en 2016. Ses fonctions principales sont de mutualiser des recherches, des achats et des sites de production et de distribuer les mêmes véhicules sous les différentes marques. À la suite de la mise en détention de l’ancien PDG de Renault Carlos Ghosn en novembre, Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, a déclaré début janvier à l’AFP qu’il y avait lieu de s’interroger à l’avenir « sur la pérennité du système actuel ». Renault possède 43,4 % de Nissan, tandis que Nissan possède 15 % de Renault (sans droits de vote) et 34 % de Mitsubishi. Les trois entreprises ont annoncé le 12 mars la création d’un nouveau conseil de coordination. Bruno Le Maire a affirmé ce matin qu’une éventuelle fusion entre Fiat Chrysler et Renault devrait se faire « dans le cadre de l’alliance Renault-Nissan » que la France veut « renforcer ».