29 mai 2019

Tout s'explique

Tractations pour la présidence de la Commission européenne

Comment est désigné le président de la Commission européenne ?

Les 28 chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Union européenne se sont réunis hier à Bruxelles pour lancer les discussions sur le choix des personnes qui occuperont les postes clés de l’UE : la présidence du Parlement européen, celle du Conseil européen (qui réunit les dirigeants des États membres), le poste de haut représentant pour les affaires étrangères et celui de président de la Commission, qui est le plus discuté. La chancelière allemande, Angela Merkel, a exprimé le souhait que les dirigeants s’accordent sur un nom pour la présidence de la Commission européenne d’ici leur prochaine réunion, prévue les 20 et 21 juin. Ils devront désigner cette personnalité à la majorité qualifiée, c’est-à-dire par au moins 55 % des États membres, représentant au total au moins 65 % de la population de l’UE. Le candidat devra ensuite obtenir la majorité lors d’un vote du Parlement européen.

Qu’est-ce que les « Spitzenkandidaten » ?

Le traité de Lisbonne, signé en 2007, impose au Conseil européen de proposer au Parlement un candidat pour la présidence de la Commission européenne « en tenant compte des élections » européennes. Depuis celles de 2014, les principaux groupes au Parlement désignent une tête de liste, baptisée « Spitzenkandidat », considérant que celle représentant le groupe arrivé en tête des élections devra devenir le futur président de la Commission européenne. C’est ce qui s’est produit il y a cinq ans. Jean-Claude Juncker, « Spitzenkandidat » du Parti populaire européen (PPE), vainqueur des élections, a été choisi par les dirigeants européens, malgré l’opposition du Premier ministre britannique de l’époque, David Cameron. Il a ensuite obtenu la majorité des voix des eurodéputés grâce au soutien du PPE, des Libéraux et Démocrates (ADLE) et d’une partie du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D).

Quels reproches font certains dirigeants européens à ce système ?

Plusieurs dirigeants européens se sont prononcés contre le système des « Spitzenkandidaten ». Emmanuel Macron, en particulier, lui reproche, en l’absence de liste transnationale, de n’être que le résultat d’une « cuisine des partis européens », selon Le Monde. En suivant ce mécanisme, les dirigeants européens devraient s’accorder sur le nom de l’Allemand Manfred Weber, présenté par le PPE qui est arrivé en tête des élections. Or, le PPE a perdu des sièges et les membres du groupe ADLE (que rejoignent les élus de LREM) contestent la légitimité de Manfred Weber au motif qu’il n’a jamais occupé de fonctions gouvernementales. Le Parlement européen a cependant déclaré en février 2018 qu’il était « prêt à rejeter » tous ceux qui se présenteraient à la présidence de la Commission européenne sans être « Spitzenkandidat ». En cas de rejet du candidat présenté par le Conseil européen, celui-ci aura un mois pour en désigner un nouveau.