31 mai 2019

Tout s'explique

La hausse des tarifs réglementés de l’électricité

Pourquoi les tarifs réglementés de l’électricité vont-ils augmenter le 1er juin ?

Les tarifs réglementés de l’électricité, applicables à une majorité de particuliers et à des petites entreprises qui en ont fait le choix, vont augmenter demain de 5,9 %, selon une décision publiée hier au Journal officiel. La Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorité administrative indépendante, a proposé cette hausse à l’État en février, pour répondre à la hausse des prix de l’énergie au niveau international depuis un an. Fixés par le gouvernement, les tarifs réglementés sont proposés par les fournisseurs historiques d’électricité, comme EDF, et concernent 25 millions de clients selon les dernières données de la CRE. Le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative, s’est prononcé pour leur maintien en 2018, estimant qu’ils garantissaient aux consommateurs un prix non soumis aux variations brutales pouvant intervenir sur les marchés de l’énergie.

Pourquoi cette hausse est-elle contestée ?

Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a dénoncé mercredi sur Europe 1 cette hausse, estimant qu’elle répercutait aussi des coûts de production qui « ont dérivé depuis des années » chez EDF. Deux associations de défense des consommateurs, CLCV et UFC-Que Choisir, ont annoncé aujourd’hui leur intention de saisir le Conseil d’État, la plus haute juridiction française, pour faire annuler la hausse, qu’elles estiment « injuste pour les consommateurs ». Selon elles, celle-ci est surtout destinée « à aider les opérateurs alternatifs en grande difficulté financière à rester compétitifs ». Dans un avis rendu en mars, l’Autorité de la concurrence, une autorité administrative indépendante, estimait que cette hausse était « défavorable » pour les clients et avait « pour but de permettre aux concurrents d’EDF de proposer des prix égaux ou inférieurs » aux tarifs réglementés.

Comment les consommateurs peuvent-ils s’adapter ?

Cette hausse représentera environ 85 euros supplémentaires par an pour les usagers se chauffant à l’électricité, selon le médiateur national de l’énergie, une autorité publique indépendante chargée d’informer les consommateurs sur leurs droits et de résoudre les litiges les opposant aux fournisseurs. Pour y faire face, les consommateurs peuvent chercher tout d’abord à faire des économies d’énergie, par exemple en entretenant leur chaudière ou en purgeant leur radiateur pour optimiser leurs performances. Certains peuvent choisir de conclure un contrat auprès d’un autre fournisseur d’énergie. Plusieurs comparateurs en ligne confrontent les différentes offres, dont celui du médiateur national de l’énergie. UFC-Que Choisir a lancé mardi une campagne d’achats groupés pour le gaz et l’électricité, pour négocier des prix les plus bas possible et permettre d’accéder à des prix fixes pendant deux ans.