4 juin 2019

Tout s'explique

L’agriculture bio en hausse en France

Comment a évolué l’agriculture biologique en France en 2018 ?

L’agriculture biologique continue de se développer en France avec 5 000 exploitations supplémentaires en 2018, selon des chiffres dévoilés aujourd’hui par l’Agence Bio, un organisme public qui suit l’évolution du bio en France. Au total, plus de 40 000 fermes pratiquent l’agriculture biologique, soit près de 9,5 % des exploitations. Les évolutions de 2018 laissent apparaître une forte progression (+ 31 %) des « grandes cultures » (céréales, oléagineux, et légumes secs), qui restent cependant en retard par rapport à d’autres types d’exploitation. En viticulture, le bio a augmenté de 20 % en un an et représente désormais 12 % du vignoble. Ces transformations sont positives pour l’emploi, note l’Agence bio, car les fermes bio emploient plus de personnel et représentent déjà 14 % des emplois agricoles.

Quelles aides ont été mises en place pour développer l’agriculture biologique ?

Pour atteindre l’objectif de 15 % de surface agricole convertie en agriculture biologique d’ici 2022, contre 7,5 % en 2018, des aides à la conversion existent afin d’inciter les agriculteurs à passer au bio. Elles sont versées pendant cinq ans et leur montant, calculé à l’hectare, varie selon le type de culture. Ces aides sont financées à 75 % par l’Union européenne. En fonction des régions, un plafonnement par exploitation peut exister. Certaines collectivités territoriales mettent également en place des aides complémentaires : aides à la certification, à l’installation, aux investissements. Un crédit d’impôt pour les entreprises agricoles réalisant plus de 40 % de leurs recettes en bio a également été mis en place en 2006. D’un montant initial de 2 500 euros, il a été porté à 3 500 euros en 2018.

L’agriculture biologique est-elle toujours écologique ?

Les produits bio peuvent avoir un impact environnemental lié à leur transport. Les importations ont ainsi représenté 31 % du marché bio en 2018 comme en 2017. Plusieurs organismes, dont la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), qui regroupe des exploitants, ont lancé mercredi une pétition pour réclamer l’interdiction des serres chauffées (le plus souvent au fioul ou au gaz) pour la production de fruits et légumes hors saison. Ces organismes rappellent que « le cahier des charges bio impose le “respect des cycles naturels” et une “utilisation responsable de l’énergie” ». Si elles ne représentent que 0,2 % des cultures de légumes bio en France, des projets de conversion en bio de serres chauffées se développent, précise la Fnab. Selon une étude de l’Ademe, une tomate produite en France sous serre chauffée émet 8 fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate produite en France en saison.