5 juin 2019

Tout s'explique

Un panorama des inégalités en France

Quelles disparités l’Observatoire des inégalités pointe-t-il ?

L’Observatoire des inégalités, un organisme indépendant qui rassemble des économistes et des sociologues, a publié hier soir son troisième rapport sur les inégalités en France. Ce dernier constate une augmentation du taux de pauvreté : entre 2006 et 2016, le pourcentage de personnes ayant un niveau de revenu inférieur à 50 % du niveau de vie médian (qui partage la population en deux parts égales) est passé de 7,3 % à 8 %. Il note que les enfants de cadres supérieurs sont 2,9 fois plus nombreux que les enfants d’ouvriers parmi les étudiants dans l’enseignement supérieur. Il s’inquiète aussi d’une augmentation du pourcentage d’emplois précaires (CDD, intérim, apprentissage), qui a atteint 13,6 % en 2017 contre 12 % en 2007. Le rapport considère que le modèle social français « ne répond pas à la promesse d’égalité et suscite de très nombreuses frustrations ».

Quelle est la situation des plus riches en France ?

En moyenne, les 10 % de Français les plus aisés perçoivent des revenus 8,7 fois plus élevés que les 10 % les plus pauvres après impôts et prestations sociales, constate l’Observatoire des inégalités. Le rapport précise que la France est, derrière la Suisse, le pays d’Europe où les riches sont les plus riches, les 1 % de Français les plus aisés touchant au moins 7 000 euros par mois, contre 5 800 euros au Royaume-Uni, par exemple. En matière de patrimoine, l’écart est encore plus élevé : les 1 % les plus fortunés possèdent 17 % de l’ensemble du patrimoine des ménages. Dans Le Monde, le directeur de l’observatoire, Louis Maurin, estime que ces données « invalident la thèse d’une fuite des super riches sous l’effet de la pression fiscale ».

Quel est l’effet de la politique gouvernementale sur les inégalités ?

L’Observatoire des inégalités rappelle que les données utilisées pour son rapport datent de 2016 et que « la baisse de l’impôt sur la fortune et l’allègement de l’imposition des revenus financiers » ont depuis « gonflé les revenus des plus aisés ». Il note toutefois que plusieurs facteurs seront favorables aux plus modestes, comme la baisse du chômage, la hausse de la prime d’activité, du minimum vieillesse et de l’allocation adulte handicapé. En octobre, l’Institut des politiques publiques, un centre de recherche, a publié une étude selon laquelle les mesures prévues dans le projet de loi de finances 2019 devraient bénéficier aux « classes moyennes » situées entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches, grâce à la baisse de la taxe d’habitation, mais surtout aux 1 % des Français les plus aisés, qui devraient réaliser « des gains très forts ».