7 juin 2019

Tout s'explique

Succession ouverte après le départ de Theresa May

Quelle est la situation du Parti conservateur britannique ?

La Première ministre britannique conservatrice, Theresa May, a démissionné aujourd’hui, comme elle l’avait annoncé le 24 mai. Il est prévu qu’elle assure l’intérim jusqu’à la désignation de son successeur en juillet. Le Premier ministre au Royaume-Uni est nommé par la reine, qui désigne le dirigeant du parti majoritaire au Parlement. C’est donc un vote interne au Parti conservateur, dont Theresa May a quitté aujourd’hui la tête, qui décidera du nom du prochain chef de gouvernement. Le Parti conservateur n’est arrivé que cinquième avec 9,1 % des voix aux élections européennes de fin mai. Lors d’une élection législative partielle organisée hier à Peterborough, dans l’est du pays, il a fini troisième derrière le Parti travailliste et le tout nouveau Parti du Brexit, passant de 46,8 % des voix lors du dernier scrutin en 2017 à 21,4 %.

Comment sera désigné le successeur de Theresa May ?

Les candidatures pour la direction du Parti conservateur seront ouvertes lundi entre 10h et 17h. 11 responsables ont pour l’heure annoncé leur intention de briguer le poste. Pour que leur candidature soit retenue, il leur faut recueillir le soutien de huit députés conservateurs. Les 313 députés conservateurs vont ensuite se réunir et voter à bulletin secret à partir du 13 juin pour éliminer successivement des candidatures jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux, un objectif qui devra être atteint le 20 juin. La centaine de milliers d’adhérents du parti seront ensuite appelés à voter par correspondance pour désigner le nouveau dirigeant de la formation et donc le Premier ministre. Il est prévu que le résultat soit annoncé dans la semaine du 22 juillet.

Qu’envisagent les candidats en lice pour le Brexit ?

Figure de la campagne en faveur du Brexit lors du référendum de 2016, l’ancien maire de Londres et ministre des Affaires étrangères Boris Johnson est l’un des 11 candidats déclarés pour la succession de Theresa May. Il a affirmé dans une vidéo mise en ligne lundi que, s’il était élu, le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne le 31 octobre, date fixée avec les représentants de l’UE, « avec ou sans accord ». Le ministre de l’Environnement, Michael Gove, qui avait également mené campagne pour le Brexit en 2016, s’est quant à lui déclaré favorable à un éventuel « court report » du départ britannique si un meilleur accord est en vue. Comme lui, plusieurs candidats sont favorables à une renégociation de l’accord passé avec l’UE, sans écarter la possibilité d’une sortie sans accord. L’ancien secrétaire d’État aux Universités Sam Gyimah est le seul à prôner l’organisation d’un nouveau référendum sur le Brexit.