11 juin 2019

Tout s'explique

Mobilisation dans les hôpitaux

Pourquoi des services d’urgence sont-ils en grève aujourd’hui ?

À l’appel des syndicats CFE-CGC, CGT, FO et Sud, une journée de mobilisation et de grève nationale des hôpitaux publics a eu lieu aujourd’hui. Cette journée s’inscrit dans un contexte de grève des services d’urgence lancée à la mi-mars par le collectif Inter-Urgences et qui touche actuellement 101 des 641 services du pays. Le collectif dénonce « la saturation des services, sans hausse des moyens en regard et sans revalorisation de l’exercice soignant », ayant « un effet direct sur la qualité » des soins. Il demande l’arrêt de la fermeture de lits, le maintien de l’ouverture des services d’urgence 24h/24 dans tout le territoire et une augmentation de salaire de 300 euros par mois. Il réclame également une augmentation des effectifs proportionnelle à celle de l’activité.

Comment le recours aux urgences a-t-il progressé ?

Le nombre de patients pris en charge par les urgences était de 21 millions en 2016, contre 10,1 millions en 1996, selon la Drees, le service de statistiques du ministère de la Santé. Il a augmenté en moyenne de 3,5 % par an. Selon un rapport publié en février par la Cour des comptes, chargée du contrôle de la dépense publique, cette croissance a porté essentiellement sur « les passages non suivis d’hospitalisation ». Selon l’OCDE, qui réunit 36 pays parmi les plus industrialisés, plusieurs types de facteurs sont à l’origine de l’augmentation du recours aux urgences, tels que la préférence pour un lieu rassemblant l’ensemble des services, le recours plus fréquent à des examens complémentaires et l’absence croissante de médecins intervenant en dehors des horaires d’ouverture des cabinets.

Qu’a proposé le gouvernement pour faire face aux revendications ?

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé jeudi le lancement d’une mission confiée au Conseil national de l’urgence hospitalière, un organisme placé auprès du ministère, et à un député LREM. Ils devront lui remettre d’ici l’automne un rapport comprenant des propositions concrètes pour établir une « stratégie d’ensemble pour les urgences ». Elle a également demandé aux agences régionales de santé de soutenir financièrement les établissements connaissant des surcroîts d’activité. Elle compte sur l’adoption au Parlement du projet de loi de Santé actuellement examiné, qui vise à « améliorer l’accueil en ville en amont des urgences », comme elle l’a expliqué hier dans une interview à Libération, pour répondre aux pics de fréquentation observés en fin de journée et le week-end, « c’est-à-dire aux moments où l’on a du mal à trouver un médecin en ville ».