12 juin 2019

Tout s'explique

Discours de politique générale à l’Assemblée

Qu’a annoncé Édouard Philippe ?

Le Premier ministre a prononcé cet après-midi à l’Assemblée nationale un discours de politique générale pour présenter ce qu’il a appelé « l’acte II du quinquennat ». La majorité des annonces effectuées reprennent des engagements pris pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron ou depuis son élection, en en précisant parfois le calendrier. L’extension de la PMA à toutes les femmes sera ainsi examinée en septembre à l’Assemblée. Parmi les mesures nouvelles, Édouard Philippe a précisé la baisse de l’impôt sur le revenu annoncée par Emmanuel Macron en avril pour 2020 : la première tranche passera de 14 % à 11 %, tandis que les foyers assujettis à la deuxième tranche « bénéficieront d’un gain moyen de 180 euros ». Le Premier ministre a également annoncé une remise à plat des aides à la rénovation énergétique à destination des particuliers et l’organisation d’un débat annuel au Parlement sur les orientations de la politique migratoire. Un vote de confiance est prévu dans la soirée.

Qu’est-ce qu’un discours de politique générale ?

Le discours de politique générale permet au Premier ministre de présenter devant l’Assemblée nationale son programme de gouvernement. Il ne s’agit pas d’une obligation, mais, selon le site du gouvernement, d’une « tradition républicaine » : tous les Premiers ministres se sont pliés à l’exercice depuis la création de la Ve République, dans les semaines suivant leur entrée en fonction. Certains, comme Jean-Pierre Raffarin ou Manuel Valls, ont prononcé deux discours, mais le second suivait un important remaniement ministériel. Ces déclarations peuvent être suivies d’un vote de confiance, que le Premier ministre doit remporter sous peine de devoir remettre sa démission au président de la République. Seuls quatre Premiers ministres ont choisi de ne pas organiser ce vote, en 1968, 1988, 1991 et 1992, par crainte de ne pas réunir une majorité de suffrages.

S’agit-il d’une inflexion de la politique gouvernementale ?

Édouard Philippe a aujourd’hui parlé d’une « nouvelle étape qui marque une césure, avec un profond changement de méthode ». Dans une interview accordée hier à la Radio Télévision Suisse (RTS), le président de la République s’est engagé à « plus d’humanité et plus de proximité ». Mais dans le même temps, le Premier ministre a promis aujourd’hui de « la constance » et de « la cohérence dans l’action ». Les annonces effectuées par Emmanuel Macron et Édouard Philippe depuis la fin du grand débat vont dans ce sens, puisqu’elles reprennent le plus souvent des engagements de campagne du chef de l’État. « Pas de réduction de notre ambition sur le plan économique, une accélération de notre ambition environnementale et écologique, une accélération de notre préoccupation sociale », a résumé hier Emmanuel Macron.