14 juin 2019

Tout s'explique

Attaque contre deux navires dans le golfe d’Oman

Que s’est-il passé dans le golfe d’Oman ?

Deux navires, l’un transportant du pétrole et appartenant à un groupe norvégien, l’autre transportant du méthanol et appartenant à un groupe japonais, ont été attaqués hier. Ils naviguaient dans le golfe d’Oman (voir carte dans l’article), qui sépare le sud-est de l’Iran et Oman, dans la péninsule arabique. Aucun membre des équipages n’a été blessé. Les autorités maritimes norvégiennes décrivent trois détonations. Le groupe japonais, Kokuka Sangyo, affirme que son navire a reçu des tirs, sans en préciser la nature. Quatre navires avaient déjà fait l’objet d’une attaque le 12 mai dans le même secteur. Le golfe d’Oman est stratégique pour les exportations mondiales d’hydrocarbures. 30 % du pétrole mondial transite par son passage le plus étroit, le détroit d’Ormuz, selon le département américain de l’Énergie.

Qui est responsable de l’attaque ?

Le président américain, Donald Trump, a accusé aujourd’hui l’Iran d’être responsable de ces attaques. L’armée américaine a publié hier une vidéo montrant, selon elle, une patrouille des Gardiens de la révolution, le corps d’élite de l’armée iranienne, retirant une mine-ventouse qui n’avait pas explosé sur la paroi d’un des navires. Pour étayer les accusations américaines, le secrétaire d’État américain, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères, Mike Pompeo, a dit s’appuyer « sur des renseignements, sur les armes utilisées, sur le niveau de savoir-faire nécessaire pour mener à bien l’opération ». L’Iran a déclaré hier que ces accusations étaient « sans fondement ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a souligné la coïncidence entre ces attaques et la visite, mercredi et jeudi, du Premier ministre japonais en Iran, y voyant une manœuvre contre les efforts de son pays pour « réduire les tensions dans la région ».

Pourquoi y a-t-il un regain de tensions entre les États-Unis et l’Iran ?

Les États-Unis se sont retirés l’an dernier de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015, qui prévoyait que l’Iran limite sa production nucléaire à un usage civil pour 10 ans, en contrepartie d’un allégement des sanctions économiques qui lui avaient été imposées depuis les années 1980. L’exécutif américain accusait l’Iran de ne pas respecter tous les termes de l’accord et condamnait son soutien à des organisations qu’il juge terroristes, comme le Hezbollah libanais, ou son implication auprès des rebelles houthis au Yémen. S’en est suivi une série de sanctions américaines, dont l’interdiction à toute entreprise utilisant le dollar dans ses transactions de commercer avec l’Iran dans plusieurs secteurs. Début mai, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans le golfe Persique, pour répondre, selon eux, à une « menace imminente » de l’Iran.